20 septembre 2018
Annie Desharnais, la cycliste écoresponsable convaincue
Par: Karine Guillet
Annie Desharnais a adopté le mode de vie zéro déchet. Photo:Martin Lacasse

Annie Desharnais a adopté le mode de vie zéro déchet. Photo:Martin Lacasse

Le vélo de la candidate de Québec solidaire, Annie Desharnais, a vu beaucoup de routes. En plus des chemins de la région, qu’il sillonne régulièrement tout comme ceux de l’Estrie, l’engin à deux roues a aussi voyagé outre-mer, jusque dans les pistes cyclables des Pays-Bas.

L’Œil Régional a lancé la même invitation aux candidats des quatre principaux partis politiques de Borduas; ils devaient, en une heure, nous en faire connaître un peu plus sur la personne derrière le candidat. Les candidats étaient libres de choisir l’endroit, le moment et le sujet qu’ils souhaitaient aborder, à condition de mettre la politique de côté. Le jumelage entre les candidats et les journalistes a été fait au hasard.

Annie Desharnais pédalait avec presque, de son propre aveu, toute sa maison entassée dans ses sacoches de transport, lorsqu’elle nous a rejoint à la Halte routière d’Otterburn Park, vendredi. Passionnée par ses convictions écologiques, elle a abandonné la voiture et elle vit en mode zéro déchet; elle ne se fait toutefois jamais moralisatrice des habitudes de vie d’autrui. Parce qu’il faut respecter l’évolution de chacun, explique-t-elle.
Orthophoniste de formation, Annie Desharnais a vécu un an en Belgique, dans le cadre d’un échange étudiant. Elle en a profité pour visiter la Belgique et les Pays-Bas. C’est entre les chemins bien aménagés, le paysage plat et les moulins à vent qu’elle dit avoir pris conscience d’un autre mode de vie. Avec ses 32 000 km de piste cyclable, la Hollande s’est d’ailleurs acquis la réputation d’être une véritable capitale des vélos.
Mme Desharnais y a croisé des gens de tout âge à vélo et se souvient que l’attitude envers les cyclistes y plus courtoise qu’ici. «Tout le monde est à vélo. Des fois, on voyait des autos et on était surpris parce qu’on oubliait presqu’il y avait des voitures», se rappelle-t-elle, les yeux rivés sur une photo la montrant, à côté de son vélo, sur une magnifique piste cyclable ensablée bordant la côte hollandaise.

Compostelle
Bien avant son premier voyage à vélo, Annie Desharnais avait déjà le goût de l’aventure. Jeune adulte, elle a décidé de marcher le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en sac à dos avec son conjoint. Plutôt que de s’arrêter dans des auberges, le couple trainait avec lui sa tente qu’il plantait là où c’était possible. Si plusieurs choisissent le chemin de Compostelle pour l’expérience spirituelle, c’est plutôt le côté physique de l’aventure qui a d’abord attiré Annie Desharnais, une adepte de la marche. Avec un matériel de camping sur les épaules, le défi s’est toutefois avéré de taille. Elle se rappelle d’avoir tenté par tous les moyens de réduire le poids de son sac, allant même jusqu’à calculer la quantité de dentifrice nécessaire au périple, puis de la gentillesse des gens croisés le long du chemin. L’expérience a permis au couple de faire de nombreuses rencontres, mais aussi de solidifier leurs liens. «Après, on s’est dits que si on avait été capables de le faire ensemble, on pouvait faire un bout de chemin ensemble», dit-elle en riant.

Zéro déchet
Mère de cinq enfants de 2 à 11 ans, Annie Desharnais voulait offrir à ses enfants l’ambiance d’une grande famille. La petite famille a posé ses valises dans la région il y a cinq ans. Quand elle et son conjoint ont déménagé dans la banlieue de Montréal, Annie avoue tout de suite avoir eu un coup de foudre pour la région. Il n’était pas question pour elle de s’établir ailleurs qu’ici.
La famille a d’ailleurs entamé une démarche zéro déchet il y a quelques années. Si la démarche peut faire peur, elle croit que la clé de la réussite se situe dans l’approche graduelle du défi, selon son évolution personnelle.
La candidate dit d’abord avoir commencé par réduire l’emballage à l’épicerie. Depuis, elle s’est acheté des sacs fabriqués au Québec pour emballer ses fruits et ses légumes et elle se dirige vers des commerces qui offrent l’alimentation en vrac pour faire son épicerie ou acheter des produits comme le dentifrice ou le shampoing. Elle achète aussi de créateurs québécois plusieurs choses, comme des tampons à récurer faits à la main. Les couches des enfants sont aussi lavables. C’est sans compter que la maman fabrique aussi son propre yogourt.
Mais concilier la vie à sept à la démarche de zéro déchets dans laquelle elle s’est engagée n’est pas toujours facile. Son horaire à deux jours par semaine l’aide à concilier les deux mondes, mais elle ne sait pas si elle y mettrait autant d’énergie si elle aussi travaillait à temps plein. L’alimentation s’avère d’ailleurs le plus grand défi, car devoir s’arrêter à plusieurs endroits demande du temps. Elle admet céder à l’occasion. Elle travaille encore à désencombrer la maison, un travail plus long qu’elle n’y aurait d’abord pensé.

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