20 septembre 2018
Une crème glacée en famille avec Simon Jolin-Barrette
Par: Karine Guillet
«Je ne pense pas que c’est moi qui vais faire la discipline. Je pense que je donnerais tout pour Charlotte», dit Simon Jolin-Barrette, parlant de sa fille. Photo: Martin Lacasse

«Je ne pense pas que c’est moi qui vais faire la discipline. Je pense que je donnerais tout pour Charlotte», dit Simon Jolin-Barrette, parlant de sa fille. Photo: Martin Lacasse

Il faisait très chaud, mercredi, lorsque Simon Jolin-Barrette a rejoint L’Œil Régional à la chocolaterie La Cabosse d’or à vélo. Il avait amené pour l’occasion une invitée de marque; sa fille Charlotte, 16 mois, qui dormait dans le chariot à l’arrière du vélo.

L’Œil Régional a lancé la même invitation aux candidats des quatre principaux partis politiques de Borduas; ils devaient en une heure nous en faire connaître un peu plus sur la personne derrière le candidat. Les candidats étaient libres de choisir l’endroit, le moment et le sujet qu’ils souhaitaient aborder, à condition de mettre la politique de côté. Le jumelage entre les candidats et les journalistes a été fait au hasard.

Simon Jolin-Barrette habite Belœil depuis quatre ans. Celui qui a grandi dans la Vallée-du-Richelieu avoue qu’il caressait le désir de revenir s’établir dans la région même avant de le promettre à ses électeurs, aux élections de 2014.
Si le député sortant a choisi la chocolaterie d’Otterburn Park, c’est qu’il a un petit faible pour sa crème glacée, lui qui a eu l’occasion d’en essayer plusieurs en famille. «C’est une belle entreprise de la région. On aime bien, après une bonne ride de vélo, manger une crème glacée. C’est la récompense», explique-t-il d’entrée de jeu.
Ce jour-là, Charlotte avait particulièrement envie de découvrir, à l’aide de son père, le monde qui l’entourait. «Ça relativise beaucoup les choses [un enfant], lance le politicien. Ça donne un sens à la vie. Ça ramène les deux pieds sur terre, sur ce qui est réellement important et fondamental.»

Papa souple
Depuis l’arrivée de sa fille, le politicien dit avoir redécouvert son cœur d’enfant à travers les sorties au parc et les émerveillements des petites choses. Il admet sans gêne qu’il ne pense pas être un parent sévère, alors qu’il constate déjà des ressemblances avec sa fille. «Ma conjointe dit qu’elle a mon caractère», dit-il en riant. «Elle est déterminée, elle est persévérante. Quand elle veut quelque chose, elle n’accepte pas beaucoup de non».

Sport
Simon Jolin-Barrette ne part jamais pour Québec sans ses espadrilles de course. Pour garder la forme, il joue au hockey cosom le mercredi soir avec d’autres députés de l’Assemblée nationale, dont Amir Khadir, Gabriel Nadeau-Dubois, Pascal Bérubé et Catherine Fournier. Exit les partis politiques. Ici, les équipes sont déterminées en fonction de la couleur du chandail. «Le sport, c’est une bonne façon de tisser des liens, d’échanger. On ne parle pas nécessairement de politique quand on joue au hockey, mais après ça, dans le débat politique à l’assemblée, c’est moins personnel et la qualité de la relation est augmentée.»
Simon Jolin-Barrette est aussi un grand adepte de vélo depuis de nombreuses années, un sport qui lui permet de décrocher et de voir du paysage. Celui qui a déjà participé au Grand Défi Pierre-Lavoie peut facilement pédaler 75 km. Une distance qui s’est raccourcie avec l’arrivée de Charlotte, qu’il amène souvent avec lui à vélo.
Si le sport se retrouve souvent sur la touche avec l’arrivée d’un enfant, le député a trouvé une façon de concilier les deux, en enfourchant son vélo pour se rendre à la garderie. «Ça permet de faire du sport parce que les journées sont quand même bien remplies. J’ai rarement le temps d’aller au gym, surtout depuis qu’elle est là.»
Car être député, c’est aussi partager son temps entre Québec, où il siège à l’Assemblée nationale trois jours par semaine, et sa circonscription. Une conciliation qui se fait parfois difficilement quand on a aussi une famille. Cette difficile conciliation avait porté l’ex-chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, à démissionner, il y a deux ans. Le député sortant de Borduas avait alors dit comprendre son choix.
«C’est sûr que je m’ennuie, constate-t-il aujourd’hui. C’est un sentiment que je n’avais pas auparavant parce que tu es beaucoup dans le travail. Ce qui est le plus difficile quand le bébé est jeune, c’est que ça grandit tellement vite. Quand je pars des fois le mardi matin et que je reviens le jeudi soir, je trouve qu’elle a changé. Je me demande si j’ai manqué quelque chose durant ces trois jours-là. Tu ne la vois pas évoluer. Ça vaut la peine la politique, mais c’est un sacrifice familial aussi.»

 

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