20 novembre 2019
Bilan de mi-mandat pour Denis Parent
Un mandat sans zizanie
Par: Vincent Guilbault
Le maire d’Otterburn Park, Denis Parent.  Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Le maire d’Otterburn Park, Denis Parent. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

L’Œil Régional a rencontré la mairesse de Belœil et les maires de Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park et McMasterville pour discuter de leur bilan de mi-mandat depuis les élections municipales de 2017. Diane Lavoie, Yves Corriveau, Denis Parent et Martin Dulac ont accepté de parler des défis des deux dernières années et des projets à venir jusqu’à l’automne 2021.

Dire que le maire Denis Parent a Otterburn Park tatoué sur le cœur est un euphémisme. L’homme réside à Otterburn Park depuis les 49 dernières années et s’il s’est présenté aux élections de 2017, c’est pour remettre la Ville sur pied à la demande de son entourage, dit-il.
Et deux ans plus tard, en entrevue, il arbore le sourire de l’homme fier du travail accompli. « Depuis deux ans, nous avons fait ce que les gens ont demandé. »
La situation avant son arrivée et celle des nouveaux conseillers étaient difficiles, résume-t-il : une situation financière difficile, des conflits au sein des élus. « Pendant que tu gères des conflits entre conseillers, tu ne fais pas d’actions concrètes, dit-il en référence à l’ancienne administration. C’est la grosse différence; nous avons accompli beaucoup de choses à bien des niveaux. »
Il cite des exemples simples, comme le réaménagement de la rue Comtois pour régler un problème de stationnement et de dangerosité qui « traine depuis 30 ans ». Ou encore la mise en place d’un sentier de patinage dans les bois et d’une glissoire au parc Côté. Ou encore de redonner une nouvelle image à la Ville avec un nouveau logo, de remettre sur pied des comités citoyens en environnement ou en loisirs, par exemple.
La Ville a aussi beaucoup bougé avec le contexte de son 50e anniversaire. C’était le moment de célébrer, avec course de boîtes à savon, cinéma et spectacle de musique en plein air, des rendez-vous qui ont attiré des centaines de personnes. « Ces événements ont montré aux gens que nous sommes capables de faire de belles choses à Otterburn Park. »
Les deux premières années du mandat Parent auront aussi été marquées par la contestation contre la venue de la tour Telus. Au moment d’écrire ces lignes, le dossier est devant un juge de la cour fédéral. Mais peu importe la conclusion, M. Parent vante le travail de tous dans ce combat. « Nous avons bien ciblé le combat de chacun, avec un regroupement citoyen qui a fait de belles actions et le beau travail du député Matthew Dubé alors que la Ville s’est concentrée sur les choses qu’elle pouvait faire. »

Finances et changements
Ancien conseiller municipal, M. Parent s’est représenté en politique en briguant la mairie avec l’idée de revoir les finances de la Municipalité. Toutes les dépenses ont été ou seront revues pendant son mandat, affirme-t-il. « Nous avons même revu l’entente avec le centre aquatique de Belœil. À notre arrivée, nous n’étions pas d’accord avec les chiffres et nous avons fait baisser la contribution annuelle de 10 000 $, ce qui n’est pas négligeable. »
Il admet que certaines décisions peuvent avoir brassé un peu les gens, comme de revoir la formule des subventions aux familles pour les sports de glace ou de confier la gestion des camps de jour à une entreprise privée. « Nous avons pris un virage utilisateur-payeur pour les services, admet le maire. Mais une ville comme la nôtre, avec peu de revenus commerciaux, ne peut pas faire tout le temps payer l’ensemble des citoyens pour des services individuels. »
Concernant le privé, force est d’admettre que la Ville a pris un important virage en la matière. D’abord pour le camp de jour, mais aussi pour la gestion de sa nouvelle piscine publique et du Centre communautaire et culturel de la Pointe-Valaine.
Concernant la piscine, M. Parent rappelle que son installation a été retardée d’un an. « Mais ce projet de plus de 5 millions de dollars, nous l’avons revu à la baisse à un peu plus de 3 M$ et nous avons été chercher une subvention de 1,5 M$. La piscine a coûté seulement 1,5 M$ aux citoyens. Ce n’est pas la même game. J’ai appelé toutes les semaines le gouvernement pour avoir la subvention », dit-il avec fierté.
En confiant au privé la gestion de la piscine (à SOPIAR) et du camp de jour (à GVL), le maire assure avoir évité des problèmes de manque de main-d’œuvre. « Nous aurions rushé notre vie à trouver du personnel pour la piscine. Même pour ces entreprises, ça a été difficile. Des piscines ont dû fermer à Saint-Hyacinthe, à Shawinigan. Même chose pour les camps de jours. Là, c’est à l’entreprise de s’occuper de la gestion. »
Et ce recours au privé sera une tendance dans le monde municipal, pense Denis Parent. « Beaucoup de villes nous posent beaucoup de questions. Une ville de la grosseur d’Otterburn Park ne peut pas avoir une expertise en culture, en loisirs, en communautaire; ça devient compliqué. D’où l’idée de déléguer. »
C’est aussi cette vision qui a poussé la Ville à mettre la hache dans son département des loisirs en supprimant deux postes. Et pour donner un « nouvel essor » à l’aspect scénique de la salle de Pointe-Valaine, la Ville s’est tournée encore une fois vers l’externe. « Avant, le bâtiment servait principalement à desservir en locaux les organismes communautaires. Le nouveau conseil lui a donné une vocation plus culturelle en confiant la gestion de la salle à SOPIAR, qui a dévoilé une première programmation de spectacle pour l’automne et l’hiver 2019. »
Oui, certains organismes au début se sont plaints de la hausse des coûts de location, admet le maire. « Mais les organismes venaient toujours nous voir pour les gratuités de salle; c’était devenu un running gag. Mais ça finissait par coûter cher à la Ville », dit-il, en rappelant que les organismes bénéficient tout de même d’un prix préférentiel.

Encore deux ans
Pour les deux prochaines années, l’énergie du maire et des conseillers sera concentrée sur le projet de développement Le Patriote (anciennement Quatre-Terres), à l’extrémité de la Ville, près de Saint-Mathias. « Je pense que les premiers travaux pourraient commencer au printemps. Je souhaite avoir une épicerie là », dit-il.
En rafale, le maire souligne aussi la réfection complétée de trois rues et de huit autres à venir, dont les rues des Sables et Sharon, une nouvelle maison des jeunes en 2020, un réseau de pistes cyclables mieux connectées et surtout, une volonté d’améliorer l’offre commerciale. Des annonces pourraient rapidement être faites dit-il, en parlant de la rue Comtois et aussi du terrain vacant sur le chemin des Patriotes, à l’entrée de la ville.
Et un second mandat en 2021? « Si ça va bien, je dirais oui, mais deux mandats seulement, je crois à ça. J’aime ça, mais je pense que le réalignement devrait être terminé après deux mandats. Selon moi, tu entames tes projets dans le premier, tu termines dans le deuxième. Mais pour un troisième, l’attente est plus haute et tu ne peux pas être à la hauteur de ce qu’on attend de toi. »
Et même si le conseil municipal est entièrement composé d’élus indépendants, le maire constate que ça va assez bien. « Nous sommes en mesure de mettre de l’eau dans notre vin et d’arriver à ne pas nous chicaner devant le public. Si nous accrochons sur des points, nous essayons de les régler avant. Et on me félicite de ça dans la rue, de ne pas passer chaque semaine dans L’Œil Régional pour la chicane », dit-il en riant.

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