31 octobre 2016
Zone A-16: Mont-Saint-Hilaire dévoile sa stratégie
Par: Denis Bélanger
L’avenir du secteur du chemin de la Montagne inquiète

L’avenir du secteur du chemin de la Montagne inquiète

Mont-Saint-Hilaire veut faire reconnaître l’usage agricole des terrains vacants situés dans la zone A-16 pour les soustraire aux normes de densités de 21 unités par hectare. Elle devrait recevoir prochainement une réponse à cet effet de la MRC de la Vallée-du-Richelieu.

La zone A-16 a été retirée du territoire agricole permanent au début des années 1990 par le gouvernement du Québec. Depuis 1991, la Ville de Mont-Saint-Hilaire y a toutefois maintenu un usage agricole.

La municipalité croit qu’en vertu de cet usage agricole, il n’est pas nécessaire d’indiquer des seuils minimaux de densité sur le territoire. Le comité technique d’aménagement, composé d’un fonctionnaire de chaque municipalité membre de la MRC, devrait déterminer en novembre si l’interprétation de Mont-Saint-Hilaire est exacte. Dans ce processus, la municipalité a obtenu un avis juridique externe.

Plus précisément, on estime que c’est l’article 4.2.1 du Schéma d’aménagement de la MRC qui permet d’avoir un usage compatible à la fonction résidentielle, notamment, un usage agricole. «Celui-ci est limité aux usages agricoles autres que les productions animales afin de permettre l’utilisation de terrains ne faisant pas encore l’objet d’un développement urbain. Ce qui est exactement le cas de la zone A-16», fait valoir Mont-Saint-Hilaire par voie de communiqué.

Si la réponse est positive de la part de la MRC, il y aura ainsi un gel sur le développement résidentiel. La Ville pourra donc adopter son plan d’urbanisme durable (PUD) puis plancher, avec le concert des citoyens, sur l’élaboration d’un plan particulier d’urbanisme.  Les élus s’abstiennent ainsi d’avancer des chiffres pour un nouveau seuil de densité. On promet que ce sera seulement en bas de 21 unités l’hectare. De plus, on évoque la possibilité d’un développement de type éco-quartier

Pour le maire Yves Corriveau, il s’agit d’un grand pas de franchi. «Depuis trois ans, nous nous sommes engagés à éviter un développement qui ne tiendrait pas compte du caractère exceptionnel de la zone A-16, située aux abords du chemin de la Montagne. Aujourd’hui, nous avons une solution qui répond à nos engagements et à de nombreuses attentes

 

Réaction des propriétaires

L’une des propriétaires de terrains vacants de la zone A-16, Dominique Nègre (Gestion Henri Nègre) trouve que la Ville  «se traîne les pieds» depuis trop longtemps dans ce dossier. «Les propriétaires demeurent pris au piège par l’inaction des instances politiques de la ville et nous sommes les seuls à devoir assumer les frais de cette situation. Ce statu quo ne peut durer plus longtemps. Pourtant, la ville ne s’engage aucunement dans la mise en place d’un échéancier! Il est fort à parier que ce PPU s’étirera en longueur et servira d’appât en vue des prochaines élections municipales. En gros, l’histoire se répète!»

Malgré son exaspération, Dominique Nègre rappelle qu’elle et les autres propriétaires sont prêts à travailler avec les citoyens pour trouver une solution qui puisse répondre aux besoins futurs en matière d’aménagement résidentiel.  

«Rappelons-nous que ce secteur est le dernier qui sera développé à Mont-Saint-Hilaire. Qui plus est, les infrastructures et les services sont déjà présents. Il est donc absurde d’envisager de réduire la densité encore plus et d’exclure ce secteur du parc résidentiel de la ville, comme certains citoyens le demandent. Les raisons profondes qui motivent ces demandes ont plus à voir avec des intérêts personnels de l’ordre de « pas dans ma cour » que par un réel souci de protection du patrimoine et de l’environnement.»

 

Mme Nègre a l’intention de communiquer dans les prochains jours avec la Communauté métropolitaine de Montréal ainsi qu’avec ses conseillers juridiques.

Peu de neuf

Contente de l’engagement pris par la Ville, l’Association des citoyens de Mont-Saint-Hilaire (ACMSH) estime qu’il n’y a rien de neuf dans ce que la ville annonce, soutenant que l’information contenue dans le communiqué circulait depuis un bon moment.

«L’ACMSH s’appuie sur son mémoire pour rappeler que le statut particulier attendu ne se résume pas à un niveau de densification. L’Association souhaite que la ville obtienne la marge de manœuvre voulue pour permettre un développement autre que résidentiel, afin que soient mis en valeur le patrimoine, l’agrotourisme, l’agriculture urbaine et les espaces verts», écrit le groupe dans une lettre.

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