8 avril 2020
Pas de messe de Pâques devant public
Vivre sa foi seul en temps de crise
Par: Denis Bélanger

Pierre Cordeau à l’église Saint-Hilaire. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Le curé de la Paroisse Saint-Hilaire, Pierre Cordeau, ne célébrera pas la traditionnelle messe de Pâques ce dimanche devant des fidèles, préférant les référer vers les chaînes et les sites internet religieux. Des petits gestes seront toutefois faits pour souligner la Semaine sainte.

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Bien que certaines personnes aient notamment tenu des séances d’activité physique devant des résidences pour aînés, il était hors question pour M. Cordeau de faire de même par principe de prudence et d’équité.

« J’en ai discuté avec mon homologue de la Paroisse Trinité-sur-Richelieu à Belœil, Luc Richard. Premièrement, comment déterminer la résidence que nous allons choisir? De plus, il faut éviter les rassemblements pour endiguer ce virus. C’est pour ça que j’incite les gens à se tourner vers les chaînes religieuses et autres plateformes, raconte l’homme de foi. J’avais pensé mettre une croix devant l’église dimanche cette semaine, mais c’est un symbole fort et les gens s’arrêteraient devant, c’est sûr. C’est donc susceptible de créer un rassemblement. »

À la suite de directives du Diocèse de Saint-Hyacinthe, les cloches de l’église Saint-Hilaire se font entendre chaque jour à midi et à 18 h. Pour le Vendredi saint, M. Cordeau fera sonner les cloches à 15 h. Les cloches sonneront également le matin de Pâques, dont l’heure reste à déterminer. « Pâques est le moment idéal pour se poser la question suivante : est-ce que nous croyons vraiment en la résurrection? »

De plus, en ces temps de confinement, Pierre Cordeau célèbre chaque jour la messe à l’église, seul, avec des intentions dédiées à des personnes. « Si certains [préfèrent] le faire dans le presbytère, moi, je tiens à aller dans l’église. J’échange avec les paroissiens, mais il n’y a pas de confessions officielles qui se font par téléphone. »

Les églises seraient pleines

Pierre Cordeau s’attend à ce que les fidèles reviennent une fois que les mesures de confinement seront levées. Il ne serait pas surprenant pour lui aussi de voir de nouveaux visages. D’ailleurs, il est convaincu que son église et toutes les autres seraient pleines si le gouvernement permettait la tenue de cérémonie religieuse devant public.

« Quand il y a eu le tremblement de terre en Haïti, en 2010, l’église était remplie les deux semaines suivantes. Dans des périodes mouvementées comme nous vivons en ce moment, les gens prennent le temps de se poser un tas de questions. »

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