19 juillet 2018
Vers une interdiction de fumer sur les terrains des établissements de santé
Par: L'Oeil Régional
Il est interdit de fumer sur le terrain du CLSC depuis le 31 mai. Photo: Archives

Il est interdit de fumer sur le terrain du CLSC depuis le 31 mai. Photo: Archives

Au cours des prochaines années, le Centre intégré de santé et de services sociauxde la Montérégie-Est (CISSSME) interdira progressivement la fumée de cigarette sur l’ensemble des terrains des établissements de santé de la région. La nouvelle politique adoptée à l’automne 2017 étend donc les zones anti-fumée plus loin qu’à neuf mètres des bâtiments, ce qui est déjà en vigueur.

Un texte de Sarah-Ève Charland

Depuis le 31 mai 2018, il est interdit de fumer la cigarette sur le terrain du centre administratif, du CLSC des Patriotes, du centre jeunesse et dans les véhicules des établissements de santé.
«Des actions ont déjà été entreprises auprès des jeunes des services jeunesse pour faciliter cette transition. Des mesures pour promouvoir les saines habitudes de vie ont été mises en place et du soutien à l’arrêt tabagique sera offert aux jeunes qui en sentent le besoin», assure la porte-parole du CISSS, Catherine Latendresse.
L’année suivante, en mai 2019, l’interdiction touchera l’ensemble du terrain des trois hôpitaux du CISSSME, incluant l’hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe, à l’exception de la zone désignée fumeur. Les fumoirs au service de psychiatrie seront également fermés.
En mai 2020, la politique s’étendra aux Centres d’hébergement de santé de soins de longue durée (CHSLD). On retrouvera un seul fumoir conforme par CHSLD qui sera mis à la disposition seulement des résidents.
Dans tous les cas, l’interdiction vise l’ensemble du terrain, incluant les stationnements.
Cette politique est une commande du gouvernement du Québec qui découle de l’adoption de l’article 11 à la Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme adopté en novembre 2015. Le gouvernement demandait ainsi aux différents établissements de santé d’adopter une politique visant la création d’environnements sans fumée.

Contraventions
La réglementation qui touchait l’interdiction de la fumée de cigarette dans une zone de neuf mètres près des bâtiments publics entraînait tout de même une concentration des fumeurs dans les passages pour accéder aux établissements, souligne le gouvernement dans ses orientations ministérielles.
Les mêmes orientations ont été déployées dans tous les établissements de santé de l’ensemble de la Montérégie, afin d’établir une cohérence et une vision commune.
Les contrevenants qui fument à l’intérieur du périmètre de neuf mètres s’exposent à des contraventions de 250 $ à 750 $. Des contraventions ont d’ailleurs déjà été émises dans les installations du CISSSME, qui ne peut toutefois pas confirmer le nombre.
Les personnes qui fument sur le terrain d’un des établissements sans fumée, mais à plus de neuf mètres du bâtiment, ne recevront pas de contravention, mais seront plutôt avertis de la politique en vigueur.

Une politique qui allait de soi
Le président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS) en Montérégie-Est, Joël Bélanger, est demeuré indifférent face à cette politique. Il aimerait toutefois que le CISSS se penche sur les professionnels qui doivent se déplacer à domicile. «Il y a beaucoup de nos gens qui visitent des résidents qui fument comme une cheminée à l’intérieur. La politique n’aborde pas cette question. C’est un irritant pour nos membres», ajoute-t-il.
Du côté de la CSN, le président Daniel Laroche affirme avoir eu quelques commentaires de ses membres. «Il est certain que ça va amener des désagréments. Les employés ont trouvé la politique sévère. On espère que ça n’apportera pas trop d’avis disciplinaires. On va garder un œil ouvert là-dessus», conclut-il.
*avec la collaboration de Karine Guillet

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