28 mars 2018
Sculptures de Daniel-Vincent Bernard
Une seconde vie pour quatre arbres à Belœil
Par: Olivier Dénommée
Daniel-Vincent Bernard, en compagnie de son chien Amos, à côté d'un des arbres qu'il sculptera très prochainement au bord de la rue Saint-Jean-Baptiste à Belœil.
Photo: François Larivière

Daniel-Vincent Bernard, en compagnie de son chien Amos, à côté d'un des arbres qu'il sculptera très prochainement au bord de la rue Saint-Jean-Baptiste à Belœil. Photo: François Larivière

Il y a deux ans, le sculpteur Daniel-Vincent Bernard sauvait trois arbres ravagés par l’agrile du frêne au parc des Perdrix à Otterburn Park en les transformant en sculptures. Il s’apprête à faire la même chose avec quatre arbres le long de la rue Saint-Jean-Baptiste, tout près du parc Joseph-Ledoux à Belœil.

«Voir un arbre être abattu comme ça, ça me fait quelque chose», déclare d’entrée de jeu le sculpteur originaire de Belœil, pour qui il est important d’éviter de tout simplement couper les arbres, incluant ceux tués par l’agrile. Sa conscience écologique s’est aussi traduite par d’autres œuvres à l’aide de matériaux récupérés et de câbles coaxiaux qui allaient autrement en direction du dépotoir.
Alors qu’il avait exploité le thème des colonnes à Otterburn Park, il a laissé aller son imagination et ne s’est pas donné de thème particulier pour ce nouveau projet. «Je vais improviser, je ne me suis pas donné de limite!» Au moment de la rencontre, le sculpteur avait déjà fait des esquisses de ce qu’il comptait faire sur deux des arbres visés.
Dans ses premiers sketchs, M. Bernard a dessiné des visages humains. «Ça représente l’humain comme il devrait être: debout! On a un peu trop tendance à vivre à l’horizontale», mentionne-t-il. Il compte aussi exploiter le vide dans au moins une de nouvelles œuvres. «C’est intéressant d’aussi aller chercher quelque chose à l’intérieur de la sculpture, ça lui donne une autre dimension.»

De la composition
Daniel-Vincent Bernard s’avoue agacé par l’expression «création», considérant que les artistes ne créent rien. «Je crois plus à la composition. L’art, c’est une question de culture, d’influences, d’accumulation de rencontres… c’est la curiosité qui fait que ton métier évolue», estime-t-il. Il va jusqu’à dire qu’en art, c’est «5 % de talent et 95 % de guts».
Il remet même en question certains clichés qu’on attribue aux artistes. «Est-ce qu’un artiste doit nécessairement souffrir pour exister? Je ne sais pas, mais je pense que ça prend surtout une bonne dose de curiosité, du talent et de l’imagination.»

Transfert d’énergie
M. Bernard poursuit. «Mon but ultime comme artiste, c’est de parvenir à influencer quelqu’un d’autre avec ce que j’ai fait, pour l’amener à faire quelque chose d’encore plus intéressant. C’est comme un transfert d’énergie.» Le sculpteur estime qu’il est de son devoir de donner l’exemple, autant en donnant une seconde vie à des arbres qui étaient voués à disparaître qu’en tentant de rendre l’art public le plus accessible possible. Il espère d’ailleurs voir de plus en plus d’œuvres comme les siennes dans la région.
Daniel-Vincent Bernard doit rencontrer la coordonnatrice à la culture à la Ville de Belœil, Chantal Lebel, dès la mi-avril pour préparer le travail sur ses sculptures. Le travail devrait s’amorcer dès mai et l’artiste estime que chaque arbre lui prendra de quatre à sept jours. Les quatre nouvelles sculptures le long de la rue Saint-Jean-Baptiste devraient donc être prêtes d’ici le mois de juin.

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