21 juillet 2015
Une plainte contre le bruit sans écho
Par: L'Oeil Régional
Amélie Pellerin

Amélie Pellerin

BELOEIL. Amélie Pellerin estime la Ville de Belœil «mal organisée» en matière de réglementation sur le bruit. En 2013, elle a déposé une première plainte contre une thermopompe trop bruyante dans le voisinage. Deux étés plus tard, la Ville procédera finalement à une inspection. La raison du délai: les employés municipaux ne savaient pas utiliser un sonomètre.

Lors de sa première plainte, la Ville a promis à Mme Pellerin de faire une inspection sur la thermopompe.

Sans nouvelle, Mme Pellerin a déposé à nouveau l’année suivante une requête à la Ville concernant la même problématique. Elle souhaitait qu’un agent soit envoyé pour mesurer le nombre de décibels de l’engin. Encore une fois, la demande est restée lettre morte.

La citoyenne a réussi à parler à des responsables de la Ville, mais on la transférait d’une personne à une autre, dit-elle. «Je me sens comme avec Bell. Vraiment, on appelle et c’est un labyrinthe.»  

Sonomètre inutilisé

Mme Pellerin a relancé cette année ses démarches. Au service des travaux publics, on lui répond que la réglementation sur le bruit est en révision et qu’elle devrait laisser tomber sa plainte, raconte-t-elle.

Découragée par ces réponses, la citoyenne a décidé de se présenter à la dernière séance publique du conseil municipal, lundi dernier.

La mairesse Diane Lavoie a avoué que les employés n’étaient pas formés pour utiliser le sonomètre.

Après vérification, les employés municipaux sont formés depuis l’automne dernier, indique le porte-parole de la Ville, Louis-Jacques Pineault. En raison d’un roulement de personnel, «il y a eu un creux» durant un an ou un an et demi où les employés n’avaient pas l’expertise pour utiliser le sonomètre, mentionne-t-il. Ce qui expliquerait pourquoi aucune inspection n’a été faite depuis le dépôt de la requête de Mme Pellerin.

M. Pineault assure que la Ville fera cette année la vérification des décibels.

Cri du cœur  

Devant les élus, Mme Pellerin a aussi lancé un cri du cœur concernant le respect de la réglementation sur le bruit. Selon elle, il y a un usage abusif de tout ce qui est tondeuse et souffleuse, notamment. Plusieurs personnes n’ont aucune considération du voisinage, note-t-elle.

«Il n’y a pas de répit. C’est tout le monde qui veut jouer avec sa machine sans arrêt, du matin au soir.»

Mme Pellerin croit qu’il y a un flou à Belœil entourant la réglementation et de son application. «Il faut serrer la vis», dit-elle.  

La Ville dit mettre beaucoup d’effort sur la sensibilisation et le civisme des citoyens. La question du bruit a aussi été abordée avec le nouveau directeur de la Régie de police afin que les policiers appliquent la réglementation les soirs et les fins de semaine.

À Belœil, les bruits «excédents», comme une tondeuse, sont tolérés de 8h à 21h la semaine et de 8h à 17h la fin de semaine.

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