16 août 2017
Une page est tournée
Par: Vincent Guilbault

On va régler une chose; le renvoi du directeur général Daniel Desnoyers coutera environ 50 $ à chaque Otterburnois.

Les élus en place ont hérité d’un dossier difficile. Le cas Desnoyers, si je peux me permettre, remonte à très loin.

D’abord, l’embauche de M. Desnoyers a été houleuse. D’abord engagé en renfort pour un congé de maladie du directeur général de l’époque, M. Desnoyers est resté en poste plus longtemps que prévu. Les élus ont voulu le garder, foncièrement pour sa compétence. Il a donc joué le rôle de directeur adjoint (une première pour une petite ville comme Otterburn). Et de conflit en conflit, il finira par prendre le poste, d’abord par intérim, puis de façon permanente. Le départ de l’ancien directeur général, Daniel Décary, aura aussi été difficile.

Mais voilà, des élus M. Desnoyers qu’il fait souvent à sa tête. Compétent, certes, mais pas nécessairement collaboratif, reproche les élus actuels. Peu importe, ça ne nous regarde pas. Ce qui nous regarde, c’est que les élus se sont succédé et certains ont tout fait pour écarter M. Desnoyers. C’en était même presque une promesse électorale chez certains candidats. Sans succès.

La mairesse Danielle Lavoie aura réussi où d’autres ont échoué, mais la manœuvre lui aura couté cher. Le 400 000 $, d’abord, mais la venue du directeur intérimaire Jacques Malenfant, en renfort, aura fait des dommages à la Ville.

Concernant la conclusion, justement, je ne peux m’empêcher de la croire inévitable.

Jamais, à mon humble opinion, la Ville n’aurait pu gagner devant un tribunal. Pas pour rien que d’autres ont échoué avant. M. Desnoyers est, je crois, un homme particulièrement intelligent et, surtout, bien organisé.

Vous savez, comme dans certains cas de séparation de couple; l’un des deux est particulièrement méticuleux, l’autre plus émotionnel. Devant un juge, on voudra voir les faits. Ce sera souvent à l’avantage du méticuleux, qui garde ses factures dans une chemise, sait où va son argent, est capable d’organiser la journée des enfants, etc.

La planification est importante. Vouloir congédier un employé sans avoir monté un dossier, sans avoir noté les manquements, c’est difficile. Ça devient la parole contre la parole. Je suis persuadé que M. Desnoyers avait un dossier bien organisé, qu’il était le genre à archiver ses conversations par courriel. Et les avocats de la Ville, devant le manque de preuve réelle de subordination, ont probablement suggéré à la Ville de «régler à l’amiable». La conversation a dû ressembler à ça: «nous n’avons pas de preuve réelle, sauf des perceptions. Donnez-lui 350 000 $, avalez la pilule et passons à autre chose. Et faites-nous un chèque de 50 000 $ pour les frais d’avocats.»

Mais bon, une page est tournée. On espère plus de calme dans les prochaines années pour cette si belle ville. Les élus laisseront sans doute le soin au prochain conseil municipal de choisir le prochain DG, après les élections en novembre, puisque le mandat du DG intérimaire actuel est prolongé au-delà de cette date. Sagesse.

 

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