11 décembre 2020
Une nouvelle espèce d’araignée découverte à Saint-Denis-sur-Richelieu
Par: Vincent Guilbault

La Phrurolithus festivus a été retrouvée pour la première fois au pays dans la Réserve naturelle du Bois-des-Patriotes, à Saint-Denis-sur-Richelieu. Photo gracieuseté| Gilles Arbour

L’arachnologue Pierre Paquin et le photographe Gilles Arbour ont découvert une espèce d’araignée encore jamais observée au Canada. Les deux naturalistes ont fait cette découverte au cœur de la Réserve naturelle du Bois-des-Patriotes, à Saint-Denis-sur-Richelieu, le 4 juin.

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L’araignée observée, la Phrurolithus festivus, est une petite araignée d’environ 3 mm qui se déplace rapidement au sol. On la trouve souvent sous des pierres, dans les feuilles et dans les mousses. Commune en Europe, les spécimens trouvés à la tourbière de Saint-Denis-sur-Richelieu sont les premières à être observées dans tout le Canada et confirment la présence de cette araignée sur notre continent. « Une découverte incroyable qui nous rappelle l’importance de protéger les rares tourbières du sud du Québec et les autres milieux naturels d’intérêt », souligne Geneviève Poirier-Ghys, responsable de l’engagement des communautés au Centre de la Nature mont Saint-Hilaire.

La Phrurolithus festivus se reconnaît à sa petite taille et aux taches blanches de son abdomen, mais pour être certain de l’identification, il faut observer son fémur, la plus longue partie de sa patte, où l’on trouve une petite soie sur la partie antérieure.

C’est grâce à la passion de Gilles Arbour que l’araignée a été capturée. Passionné d’art, de nature et de photographie, Gilles Arbour met depuis des années ses passions et son talent à contribution pour la protection des milieux naturels de la Réserve de biosphère du mont Saint-Hilaire. Il documente, photographie et identifie les insectes et arthropodes (invertébrés dont le corps est recouvert d’une carapace) de la Réserve naturelle du Bois-des-Patriotes. Il va même jusqu’à identifier les insectes qu’on retrouve dans les plantes carnivores cachées au cœur de la tourbière.

C’est ensuite son collègue Pierre Paquin, arachnologue, qui a identifié formellement l’espèce de l’araignée.

Milieu unique

Saint-Denis-sur-Richelieu abrite la plus grosse tourbière de la région, rappelle Mme Poirier-Ghys. Ce milieu humide exceptionnel, d’une superficie d’environ 400 terrains de football, cache une richesse naturelle incroyable. Territoire rempli de mousses et de sphaignes, plusieurs espèces en péril y côtoient les épinettes. On y retrouve même la sarracénie pourpre, une plante carnivore typique des tourbières et qu’on observe rarement dans le sud du Québec. C’est également l’un des rares endroits où l’on peut observer des orignaux en Montérégie. C’est un milieu d’une valeur écologique inestimable, qui couvre près de 3 % de la municipalité.

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