20 décembre 2017
Une femme enceinte vit dans un logement social en rénovations
Par: Denis Bélanger

Sukiana Guye, enceinte de 30 semaines.

Une mère de quatre enfants de Belœil, enceinte d’un cinquième, devait dormir dans un logement social privé d’une salle de bain et d’une cuisine fonctionnelle en raison de travaux de rénovation qui ont duré plus d’une semaine. Une situation inconcevable aux yeux de Juliette Dallaire-Lucas, qui connaît la femme depuis des années et a décidé de porter plainte à la Ville de Belœil.

Sukiana Guye, enceinte de plus de 30 semaines, habite un édifice géré par l’Office municipal d’habitation (OMH) de Belœil situé sur la rue Bourgeois. Elle a appris à la fin du mois de novembre que des travaux de rénovation seraient effectués dans son 5 et demi. Les travaux étaient nécessaires à la suite d’un dégât d’eau.  Selon l’OMH, on a offert à la locataire de refaire en entier la cuisine — offre qu’elle a acceptée — afin d’obtenir une finition uniformisée et en tenant compte que les travaux étaient dû à faire en partie. Il est à noter que le sinistre n’affectait que la moitié de la cuisine. Les rénovations sont maintenant terminées à la suite de nos interrogations.

L’OMH a accepté de prêter un logement à Mme Guye, celui d’en face, pour aller cuisiner et se laver. Elle devait toutefois dormir dans l’appartement en rénovation. La situation causait plusieurs désagréments. Son plus vieux devait habiter chez la grand-mère du petit, mais elle demeurait avec les trois autres, âgés de 2, 4 et 6 ans. La nuit, si elle ou un de ses enfants avaient une envie, elle devait s’habiller et traverser dans l’autre logement. «J’étais malade, l’autre semaine. Je devais courir pour aller vomir de l’autre côté. Vu que c’est difficile comme situation, je commande plus souvent de la nourriture que je fais à manger. »

Là où le bât blesse, selon Juliette Dallaire Lucas, c’est que deux autres logements étaient libres et que l’OHM aurait dû permettre à Mme Guye de déménager temporairement, le temps des travaux. «Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas parce que ces gens-là vivent dans la misère qu’on ne doit pas les aider. Ils auraient dû y penser», a commenté M. Dallaire-Lucas.

Une autre personne a contacté la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Montérégie pour dénoncer les conditions dans lesquelles vivait la mère de famille. La personne a demandé à la directrice de l’OMH si c’était possible de bloquer les accès de la cuisine et de la toilette en rénovation (pour des fins de sécurité), ce qui a été fait», ajoute Mme Guye.

Du côté de la DPJ, on n’a pu confirmer ni infirmer qu’un dossier avait été ouvert, en raison de la confidentialité.

La Ville de Belœil estime que l’OMH a fait de grands efforts pour minimiser les inconforts engendrés par les rénovations. La directrice générale de l’organisme, Annick Dionne, assure pour sa part qu’elle aurait permis à M. Guye et ses enfants de coucher ailleurs si on lui avait fait la demande. Mme Dionne a voulu aussi limiter le déplacement de lits et de matelas. Il y a eu un problème de punaises de lit dans l’édifice, mais des traitements ont été fait. Dans le cas de Mme Guye, le traitement n’aura pas été fait adéquatement, selon Mme Dionne.

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