16 août 2016
Une étudiante de Mont-Saint-Hilaire ouvre une maison des jeunes
Par: L'Oeil Régional
Les cinq étudiantes québécoises derrière le projet de la maison de jeunes.

Les cinq étudiantes québécoises derrière le projet de la maison de jeunes.

Charlotte Bellehumeur a mis sur pied une maison de jeunes en Indonésie.

Charlotte Bellehumeur a mis sur pied une maison de jeunes en Indonésie.

La maison des jeunes TAVAS a été inaugurée à la mi-juillet.

La maison des jeunes TAVAS a été inaugurée à la mi-juillet.

Une jeune étudiante de Mont-Saint-Hilaire vient d’ouvrir une maison pour les jeunes dans une petite communauté d’Indonésie frappée par des conditions de vie difficiles.

Charlotte Bellehumeur et quatre de ses amies sont installées depuis près de quatre mois dans le village Tanjung Pasir, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Jakarta. C’est leur deuxième séjour dans cette localité d’environ 3000 habitants.

Les cinq étudiantes du Cégep Marie-Victorin s’étaient rendues en Indonésie dans le cadre d’une session d’immersion à l’étranger, il y a deux ans.

Tombées amoureuses de la communauté et de leurs familles d’accueil, elles ont décidé d’aider un ami indonésien à mettre sur pied une maison pour enfants et adolescents.

«C’était un de ses plus grands rêves d’avoir ça. Il était déjà bon avec les enfants. Il donnait des cours de musique dehors. Il n’avait juste pas les moyens», a raconté par facetime Charlotte Bellehumeur.  

Une campagne de financement s’est alors enclenchée. Pendant un an et demi, le quintette a pu récolter 6500$ grâce à différentes activités de financement organisées au Québec.

Le gouvernement indonésien n’a donné aucune aide financière. Aucune organisation non gouvernementale (ONG) n’est aussi impliquée dans le projet. Mais les jeunes femmes se sont alliées avec un organisme local.

Toxicomanie

La maison des jeunes loge dans un petit local que les cinq Québécoises ont rénové avec l’argent amassé.

L’organisme accueille par jour en moyenne une cinquantaine de jeunes âgés de 5 à 15 ans, depuis son ouverture à la fin juillet. La maison offre entre autres des cours d’anglais, des jeux libres et des instruments de musique pour monter des spectacles.

La communauté, qui vit principalement de la pêche, est durement touchée par la pauvreté, le décrochage scolaire et la toxicomanie chez les jeunes, expose Charlotte Bellehumeur.

«Ils ont beaucoup de temps libre le soir dans la rue. […] Et il y’en a beaucoup, beaucoup, beaucoup qui vont prendre de la drogue ou de l’alcool tous les jours», relate l’étudiante de 20 ans.

La maison devient alors, pour eux, un endroit sain et sécuritaire où ils peuvent se changer les idées. «On ouvre tous les jours à 13h pour des jeux libres et ils vont être là à midi. Ils attendent que la porte ouvre et ils sont vraiment excités. […]La réaction des jeunes est vraiment positive», témoigne Charlotte.

Être une femme

Le groupe a rencontré des embûches sur place avant de pouvoir inaugurer leur maison. Certains habitants ont voulu faire de l’argent sur leur dos alors qu’elles cherchaient un local.

Pour des raisons culturelles ou religieuses, le fait d’être une femme a aussi représenté une barrière. «Ici, dans le village, le fait d’être une fille, tu vas souvent passer en deuxième. Des fois, c’est difficile de se faire écouter, de se faire prendre au sérieux. Ç’a été le poids le plus difficile pour le projet», confie Charlotte.

Les cinq étudiantes quitteront prochainement l’Indonésie. Elles forment actuellement leur ami pour qu’il puisse prendre la relève de la maison des jeunes. Du 6500$ qu’elles ont amassé, il reste un montant qui permettra de lui assurer un salaire pour deux ans.

À leur retour au Québec, Charlotte et ses quatre amies veulent organiser d’autres activités de financement afin de soutenir l’entretien de la maison. Elles ont aussi l’intention d’y retourner d’ici deux ans pour faire un suivi du projet et revoir leurs amis indonésiens.

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