31 octobre 2019
Laisser sa trace – Parler de la mort pour mieux goûter à la vie
Un recueil de rencontres apaisantes avec la mort
Par: Olivier Dénommée
Emmanuelle Brière et Geneviève Landry. Photo gracieuseté

Emmanuelle Brière et Geneviève Landry. Photo gracieuseté

Geneviève Landry. Photo MMTrudeau Photographe

Geneviève Landry. Photo MMTrudeau Photographe

Emmanuelle Brière.Photo MMTrudeau Photographe

Emmanuelle Brière. Photo MMTrudeau Photographe

« Si on savait que nos jours étaient comptés, qu’est-ce qu’on ferait du temps qu’il nous reste? » Cette question a tracassé les Belœilloises Geneviève Landry et Emmanuelle Brière, qui ont décidé d’aller la poser directement à des personnes au seuil de la mort. En pensant rencontrer la mort, elles ont plutôt fait des rencontres touchantes célébrant la vie. Le fruit de ces entrevues se retrouve dans le livre Laisser sa trace – Parler de la mort pour mieux goûter à la vie, paru aux Éditions Druide cet automne.

Geneviève Landry, auteure du livre, a été surprise de constater qu’elle ne faisait face à aucun problème de recrutement pour les entrevues. « On a eu zéro refus de la part des gens que l’on a approchés. Au contraire, ils étaient contents d’enfin pouvoir en parler, particulièrement les jeunes de 25 à 45 ans, note-t-elle. À cet âge, on a envie de parler de nos projets, de nos réussites, de nos voyages, de nos enfants, mais personne n’a envie d’entendre parler de mort. »

Comme de la famille
De l’aveu de l’auteure, elle se demandait si elle avait la force de mener à terme ses entrevues qui risquaient d’être très dures émotivement. « Mais ça a été tout le contraire, on a rencontré la vie et le bonheur et les gens nous ont souvent accueillis chez eux, comme si on faisait partie de la famille. » Elle a réalisé que lorsque les jours sont comptés, les gens laissent tomber les masques et leur égo et se livrent de façon authentique. « On a ri et on a eu du fun, mais on a aussi pleuré », précise Geneviève Landry.
En tout, Laisser sa trace regroupe les témoignages de 18 personnes, de 27 à 80 ans, d’à peu près toutes les couches de la société. « On a rencontré des gens seuls, avec leur famille, pauvres, de la classe moyenne, riches… Personne parmi eux n’a parlé de sa promotion au travail, de son char, de sa maison, mais tous ont dit qu’ils n’avaient pas assez dit “je t’aime” et qu’ils ont trop travaillé », remarque Geneviève Landry.

Livre attendu
Si certaines personnes qui ont témoigné dans Laisser sa trace sont décédées entretemps, leurs proches attendaient patiemment la sortie de ce livre. « Alexis, un garçon dont la mère était en fin de vie, a tenu à nous parler et nous a demandé s’il pouvait avoir une copie du livre à sa sortie pour pouvoir le lire lorsqu’il s’ennuierait de sa mère. C’est des paroles comme celles-là qui font que ce livre a sa place », soutient l’auteure.
À la sortie de Laisser sa trace, d’autres commentaires positifs ont été entendus. « Quelqu’un nous a dit qu’il pensait que ce serait triste, mais que ce livre était plutôt apaisant. Quelqu’un d’autre a décrit notre livre comme du bonbon pour l’âme », précise Emmanuelle Brière, qui a pris les photos qui s’y trouvent. Pour le tandem, le livre permet d’apprivoiser la notion de mort « qui fait tant peur » et invite les lecteurs à faire leur propre cheminement pour changer leur vision de la vie et pour prendre soin d’eux et de ceux qui comptent vraiment. « Toutes les personnes qui souhaitent se recentrer sur elles et qui ont envie de réfléchir sur la vie devraient lire ce livre », estime Geneviève Landry.

Lancement festif
Lancé le 19 septembre à la librairie Alire, Laisser sa trace a attiré environ 120 personnes, dont plusieurs sujets du livre ou leurs proches qui tenaient à y être. « On ne s’était fait aucune attente, mais on a été agréablement surprises. Certains avaient peur que ce soit un événement triste et morbide, mais c’était une soirée très festive qui célébrait la vie », a souligné Emmanuelle Brière.
Maintenant, le tandem s’efforcera à partager le propos de son livre dans le cadre de conférences. Geneviève Landry et Emmanuelle Brière seront aussi présentes en séance de signature au Buropro Citation de Belœil le dimanche 3 novembre, de 13 h à 15 h. Ce sera l’occasion de les rencontrer et de discuter du message du livre. Laisser sa trace – Parler de la mort pour mieux goûter à la vie est en vente partout au coût de 24,95 $.

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