15 novembre 2019
Plomb dans l’eau
Un problème privé plutôt que public, selon l’AIBR
Par: Sarah-Eve Charland

L’usine de filtration de l’AIBR située à Saint-Denis-sur-Richelieu. Photothèque | L’Œil Régional ©

Selon le ministère de l’Environnement, au moins un échantillon prélevé à Saint-Antoine-sur-Richelieu, Saint-Charles-sur-Richelieu, Saint-Marc-sur-Richelieu et Saint-Mathieu-de-Belœil entre 2013 et 2019 présentait une présence hors norme de plomb dans l’eau. La Régie de l’aqueduc intermunicipale du Bas-Richelieu (AIBR) estime toutefois qu’il s’agit davantage d’un problème qui se situe dans les entrées d’eau privées des résidences.

Le ministère de l’Environnement a répertorié ces municipalités dans une liste qui a été publiée par La Presse il y a deux semaines. Le directeur général de l’AIBR, Luc Brouillette, croit que l’organisation a commencé à faire des analyses en 2013.

« On a eu très peu d’échantillons de non-conformité. Les municipalités qui ont eu ne serait-ce qu’un résultat sont inscrites dans cette liste. De mémoire, on n’a eu aucune municipalité qui a eu plus d’un résultat non conforme », souligne-t-il.

L’AIBR prend une dizaine d’échantillons par municipalité par année. Pour ce faire, elle doit se rendre dans les résidences pour prendre le prélèvement qui est envoyé dans un laboratoire externe aux fins d’analyse. Ce laboratoire envoie par la suite tous les résultats auprès du ministère de l’Environnement. Ce dernier demande à l’AIBR de ne pas prélever d’échantillon à la même adresse deux fois sur une période de cinq ans.

« À l’usine de filtration, il n’y a pas de plomb ou de cuivre dans l’eau produite par l’usine. Le problème de contamination au plomb, c’est principalement relié avec les entrées d’eau en plomb des maisons », ajoute M. Brouillette.

Les propriétaires des maisons où un échantillon s’est avéré non conforme sont avisés par une lettre. Lorsque l’AIBR a commencé à effectuer des analyses, elle a ciblé d’abord les écoles et les garderies, ainsi que les secteurs où les bâtiments sont plus vieux. L’AIBR traite l’eau pour environ 5000 usagers.

« C’est connu que les résidences qui ont plus de 40 ou 50 ans sont souvent les plus susceptibles d’avoir un réseau en plomb. […] Nous, on n’est pas en mesure de le savoir de manière précise. »

Depuis quelques semaines, ce dossier fait la manchette des médias nationaux. L’AIBR a reçu plusieurs appels à ce sujet de propriétaires inquiets. « Les gens qui souhaitent faire analyser leur eau, on les réfère à un laboratoire privé. On n’est pas équipé pour faire ce genre d’analyse. On a pris des adresses en note, si on n’avait pas encore fait de prélèvement [à cette adresse] depuis 2013, pour qu’on puisse le faire l’année prochaine », mentionne le directeur général.

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