14 septembre 2016
Un immense site de recherche en plein cœur de la montagne
Par: Karine Guillet
La rectrice de l'Université McGill, Suzanne Fortier, Gregor Fussman, directeur de la réserve naturelle Gault, Bruce Lennox, doyen de la faculté de Science  et le professeur Andrew Gonzalez inaugurent le site de recherche.

La rectrice de l'Université McGill, Suzanne Fortier, Gregor Fussman, directeur de la réserve naturelle Gault, Bruce Lennox, doyen de la faculté de Science et le professeur Andrew Gonzalez inaugurent le site de recherche.

Le site est conçu afin de permettre un grand nombre d'expériences, grâce à une centaine d'étangs.

Le site est conçu afin de permettre un grand nombre d'expériences, grâce à une centaine d'étangs.

Plusieurs universitaires et post-doctorants travaillent sur le projet LEAP, dont le post-doctorant Vincent Fugère.

Plusieurs universitaires et post-doctorants travaillent sur le projet LEAP, dont le post-doctorant Vincent Fugère.

Grâce à un appareil FlowCam, les chercheurs peuvent recenser et prendre des photos de tous les microorganismes présents dans les échantillons.

Grâce à un appareil FlowCam, les chercheurs peuvent recenser et prendre des photos de tous les microorganismes présents dans les échantillons.

SCIENCE. Une équipe de chercheurs de l’Université McGill s’intéresse à l’impact de l’activité humaine et des changements aquatiques sur la biologie du lac Hertel. En activité depuis cet été, les chercheurs ont dévoilé un impressionnant site de recherche à ciel ouvert niché en plein cœur du mont Saint-Hilaire.

Même si l’eau du lac Hertel semble calme à la surface, elle grouille d’une biodiversité parfois invisible à l’œil nue. Des microorganismes qui ont toutefois un rôle important à jouer dans l’écosystème d’un lac.

C’est cette biodiversité que le Dr Andrew Gonzalez et son équipe étudieront grâce au projet baptisé LEAP (Large Experimental Array of Ponds).  

Le laboratoire est constitué plus précisément de 96 bassins de 1000 litres d’eau provenant du Lac Hertel. Les scientifiques de l’université utilisent ces petits étangs afin de tester comment les insectes et les plantes qui évoluent dans l’eau s’adaptent à des changements causés par l’environnement et l’activité humaine, particulièrement l’agriculture.

«Ma recherche est motivée par les connaissances scientifiques pour comprendre la durabilité des écosystèmes. On est en train de les perturber. On veut savoir pourquoi et comment ces écosystèmes-là ont la capacité de s’adapter à ces changements, ces perturbations humaines.», explique Andrew Gonzalez, initiateur du projet. 

La rectrice de l’Université McGill, Suzanne Fortier, estime que les apprentissages tirés du projet LEAP auront un réel impact non seulement localement, mais également mondialement.

Pesticides et insecticides

Les chercheurs appliqueront dans ces étangs, entre autres, diverses concentrations de Round-up, l’herbicide le plus utilisé mondialement, ainsi que de néonicotinoïdes, un insecticide largement utilisé. Les pesticides et les insecticides représentent la première étape du projet, mais le Dr. Gonzalez aimerait éventuellement se pencher sur l’impact des antibiotiques et des hormones de croissance.

Grâce à un laboratoire à quelques pas des étangs, les scientifiques pourront étudier jusqu’aux planctons dans le lac, voir leur réponse à ces divers stressants et même tenir un inventaire des populations. Le tout, dans le but de voir comment ces communautés peuvent évoluer ensemble.

«On a l’impression qu’on réfléchit à l’évolution une espèce à la fois, mais en fait l’évolution ça se passe tous les jours. C’est relativement récent que l’on se rend compte que cette notion d’évolution rapide est essentielle pour comprendre la durabilité de nos écosystèmes. Mais on comprend mal comment un ensemble d’espèces est capable d’évoluer en même temps. Cette évolution à l’écosystème est essentielle à comprendre.»

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