15 juillet 2015
Un chien condamné à l’euthanasie pour avoir mordu une factrice
Par: L'Oeil Régional
Marielle Brunet et son chien Gus

Marielle Brunet et son chien Gus

JUSTICE. Saint-Marc-sur-Richelieu vient de gagner une bataille juridique contre une propriétaire de chien. La municipalité pourra euthanasier Gus, un Boxer mâle qui a mordu une factrice de Postes Canada en octobre 2014.

Marielle Brunet a perdu la garde de son chien et la municipalité a demandé l’euthanasie de l’animal à la suite de cet incident du 14 octobre. Ce jour-là, une factrice embauchée comme remplaçante livre pour la première fois le courrier à Saint-Marc-sur-Richelieu.

Elle cogne à la maison de Mme Brunet afin d’obtenir sa signature pour une enveloppe. Marielle Brunet ouvre la porte et la factrice lui demande une signature.

Mme Brunet retourne un moment à l’intérieur de la maison pour chercher quelque chose et laisse la porte entre-ouverte. C’est à ce moment que le chien Gus sort et mord la factrice aux poignets droit et gauche, au petit doigt de la main droite, à l’aine, aux parties génitales et à l’arrière de la cuisse gauche.

«Elle se dépêche alors de se réfugier dans sa voiture pendant qu’elle entend qu’on appelle le chien et qu’on lui dit d’aller se cacher dans son véhicule», décrit le juge de la cour municipale de Mont-Saint-Hilaire dans sa décision rendue le 7 juillet.

La factrice a ensuite été transportée à l’hôpital et a dû subir de multiples points de suture. Après deux semaines d’arrêt, l’employée de Postes Canada dit avoir repris le travail avec «une grande peur».

Mme Brunet s’est vue remettre un constat d’infraction après l’incident. Le 27 novembre 2014, l’inspecteur municipal de Saint-Marc-sur-Richelieu perquisitionne, avec l’aide de la SQ, le chien Gus à la résidence de Mme Brunet.

L’animal avait mordu une autre personne en juillet 2012. Le juge a conclu que «le chien présente un danger sérieux pour la sécurité des personnes».

«Très injuste»

Au procès, Mme Brunet a dit être devenue plus nerveuse et tendue suite à un événement survenu en septembre 2014. Elle raconte avoir transmis son stress à son chien qui lui est devenu «plus nerveux et insécure», rapporte le jugement. Elle affirme aussi avoir «pris des mesures pour que le chien ne nuise pas au public».

Mme Brunet trouve la décision du juge «très injuste». «Vu qu’il y avait une autre alternative, je ne crois pas que ce soit un bon jugement d’euthanasier le chien.»

L’autre option proposée par son avocate, Louise Harbour, était que la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de la Montérégie soit gardienne de Gus. Celui-ci n’aurait plus représenté un danger, une fois à la SPCA et aurait pu être réhabilité, a plaidé Mme Brunet.

Le juge a rejeté cette possibilité puisqu’il déclare illégale la possession du chien.  Une affirmation que remet en cause Me Harbour. Selon elle, l’illégalité ne s’applique qu’au territoire de Saint-Marc-sur-Richelieu.

À l’heure actuelle, le chien est hébergé dans un hôpital vétérinaire de Sorel.

En plus de perdre son chien et d’être déclarée coupable pour avoir possédé un chien qui a déjà mordu un humain, Marielle Brunet devra payer une amende de 100$, les frais de saisie, de garde et d’euthanasie.

Me Harbour réfléchit à la possibilité de faire appel au jugement. Avant d’euthanasier le chien, la municipalité doit attendre l’expiration du délai de 30 jours pour en appeler de la décision.

 

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