5 avril 2016
Transformer des frênes ravagés par l’agrile en oeuvre d’art
Par: L'Oeil Régional
:L'artiste Daniel-Vincent Bernard a réalisé plusieurs œuvres d'art en récupérant des arbres malades, dont au domaine Mouton Village à Saint-Charles-sur-Richelieu.

:L'artiste Daniel-Vincent Bernard a réalisé plusieurs œuvres d'art en récupérant des arbres malades, dont au domaine Mouton Village à Saint-Charles-sur-Richelieu.

Le sculpteur propose la confection de mobiliers urbains avec des frênes ravagés par l'agrile.

Le sculpteur propose la confection de mobiliers urbains avec des frênes ravagés par l'agrile.

Un autre exemple de sculpture proposé par l'artiste d'Otterburn Park.

Un autre exemple de sculpture proposé par l'artiste d'Otterburn Park.

Un artiste d’Otterburn Park veut transformer des frênes ravagés par l’agrile dans les parcs de la ville en mobilier urbain ou en œuvre d’art pour leur donner une seconde vie.

C’est le projet de Daniel-Vincent Bernard. Amoureux de la nature, il souhaite récupérer les arbres que la Ville d’Otterburn Park pourrait devoir abattre en raison de l’agrile du frêne.

Dans les espaces publics, le territoire de la municipalité compte 70 frênes affectés par l’insecte venu d’Asie. Les travaux publics évalueront ces arbres à la sortie de leurs feuilles afin de déterminer ceux qui devront être abattus.

Le sculpteur propose de métamorphoser ces frênes en banc de parc ou en sculpture symbolique, sans les déraciner de leur lieu. Les écorces seraient retirées et les arbres seraient coupés à une certaine hauteur selon leur état.

«S’il faut absolument l’abattre, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas en faire des chaises», soutient M. Bernard.

Selon lui, il est possible de faire «des choses magnifiques» avec un arbre mort, mais qui est encore en bon état.

À partir de ces sculptures, l’artiste suggère aussi de créer un parcours avec des panneaux d’interprétation pour rappeler aux visiteurs le rapport de l’être humain avec l’arbre.  

«[…] Les sculptures évoqueront tantôt son rôle de protecteur, tantôt son rôle de pourvoyeur de ressources et de services écologiques», indique l’artiste qui veut que ces frênes restent dans la mémoire collective.

Son projet a été soumis à la Ville qui étudie la proposition. La revalorisation d’arbres affectés par l’agrile se fait déjà ailleurs au Québec. Par exemple, l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie, à Montréal, consacre un budget pour transformer des frênes en mobilier urbain pour ses parcs et artères commerciales.  

Totems chez Guy Laliberté

Daniel-Vincent Bernard a confectionné plusieurs sculptures avec des arbres malades au cours des dix dernières années. En 2006, il a réalisé trois totems à la résidence du fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, à Saint-Bruno, avec des arbres condamnés sur le terrain de l’homme d’affaires.

«Quand j’entendais les bruits de scie en chaîne autour de moi, je trouvais ça douloureux d’entendre ce son. Par contre, quand le son d’une <I>chainsaw<I> est utilisé pour faire de la sculpture, c’est autre chose», exprime l’artiste multidisciplinaire de 60 ans.

La récupération de matériaux est au cœur de son porte-folio. En plus des arbres, l’artiste d’Otterburn Park utilise aussi du câble de télévision pour former des sculptures.

image