5 avril 2017
Sophie Thewys menacée de quitter le pays
Par: Denis Bélanger
Sophie Thewys et Nicolas Faubert.

Sophie Thewys et Nicolas Faubert.

Sophie Thewys, la veuve de l’homme de 43 écrasé à mort accidentellement par sa mère la veille de Noël à Mont-Saint-Hilaire, risque l’expulsion. Une pétition en ligne a été lancée pour la soutenir et le député néo-démocrate de Beloeil-Chambly, Matthew Dubé, appuie la famille dans leurs démarches.

Mme Thewys est originaire de la Belgique. Son défunt conjoint, Nicolas Faubert, avait effectué en 2014 une demande de parrainage pour elle ainsi que le fils de cette dernière, Louis Pollack. La demande de parrainage a été acceptée le 9 janvier 2017, avant d’être révoquée quelques jours plus tard à la suite de l’envoi de l’acte de décès de M. Faubert. Le dénouement de ce dossier touche indirectement, Zoé, 6 ans, la fille de Sophie Thewys et de Nicolas Faubert. Même si l’enfant est citoyenne canadienne, les règles permettent à sa mère de l’emmener dans son pays d’origine.

«Selon la psychologue de Zoé, changer d’environnement à la suite à un deuil serait un traumatisme de plus pour elle, selon les instigateurs de la pétition. L’enfant doit être entourée des membres de sa famille ainsi que de ses amis afin d’évoluer dans un milieu stable et connu pour diminuer les impacts de la perte de son père sur son développement.»

Bien au fait de la situation de la famille depuis 2014, Matthew Dubé a accepté de parrainer la pétition, qui avait récolté plus de 800 signatures au moment de mettre sous presse.

«Je trouve ça frustrant que [pour les gens d’Immigration Canada], ça reste du monde de points et de virgules, lance M. Dubé. C’est triste, car ce sont des gens que je connais. J’étais bouleversé quand j’ai appris la nouvelle (du décès de M. Faubert).»

Selon les propos de M. Dubé, il ne semble pas encore avoir d’ultimatum ou de directives précises du gouvernement pour le départ de Mme Thewys. Le député se montre quand même optimiste et avance que plusieurs personnes planchent sur le dossier pour trouver une solution.

De son côté, Mme Thewys préfère ne pas accorder d’entrevue pour le moment, toujours éprouvée par les événements des derniers mois. «La perte de Nicolas et maintenant la lutte que nous devons mener pour rester ici me rendent extrêmement fragile», a-t-elle simplement commenté par message électronique.

De son côté, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ne peut divulguer de détails sur le dossier de Sophie Thewys tant que cette dernière n’aura pas signé un formulaire de consentement. <@Ri>L’Œil Régional<@$p> a de plus contacté le bureau du ministre Ahmed Hussen pour obtenir une réaction, mais personne n’a donné suite à la demande du journaliste.

Rappelons que le drame s’est produit le 24 décembre alors que la mère de 83 ans de Nicolas Faubert tentait de se stationner dans l’entrée&nbsp; d’une résidence de la rue Jordi-Bonet. M. Faubert était impliqué dans le développement à Mont-Saint-Hilaire du Carrefour Laurier-Rouville et du Groupe Uni Santé, une clinique de médecine alternative.

Obligation pour le parrainage

Selon le site internet d’Immigration Canda, la personne qui fait une demande de parrainage pour un proche doit signer un document dans lequel il promet de subvenir financièrement aux besoins essentiels de l’époux et de ses enfants à charge. Cet engagement oblige aussi le répondant à s’assurer que les personnes parrainées n’auront pas à demander une aide financière au gouvernement. S’ils ont besoin de prestations d’aide sociale, le responsable sera tenu de rembourser les prestations reçues pendant la période visée par l’engagement.

Pour un époux ou un conjoint, la durée de l’engagement est de 3 ans à partir de la date d’obtention du statut de résident permanent.

La pétition est disponible sur le site petitions.parl.gc.ca.

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