13 décembre 2017
Ski de fond: des citoyens tiennent aux sentiers dans la montagne
Par: Denis Bélanger

Rassemblement de samedi au Centre la Nature de Mont-Saint-Hilaire. Photo: Robert Gosselin

Le report d’un an de l’interdiction complète du ski de fond au Centre de la Nature de Mont-Saint-Hilaire et l’aménagement d’un nouveau parcours ailleurs sur le territoire de la municipalité n’ont pas atténué l’insatisfaction des fondeurs.

Rappelons que c’est à la demande de la Ville de Mont-Saint-Hilaire que les responsables de la Réserve naturelle Gault de l’Université McGill interdiront le ski de fond sur la montagne seulement en 2019. Le réseau sera toutefois réduit à 4 km en 2018, comparativement aux années passées. La municipalité voulait un sursis afin de trouver une solution. Des discussions sont en cours pour aménager des sentiers de ski de fond au Club de golf La Seigneurie.

Mais aux yeux des fondeurs, le club de golf n’a pas le même charme que la montagne. Un rassemblement a été organisé samedi près du pavillon d’accueil au Centre de la nature pour mettre de la pression sur McGill. Ils ont aussi été nombreux à envoyer des lettres au journal pour partager leur mécontentement.
«On reconnait que le maire fait des efforts intéressants; cependant, trouver de nouveaux sentiers, c’est bien, mais ça n’a rien à voir avec le ski à la montagne, dans la nature. Ajouter des sentiers skiables pourrait être complémentaire au ski dans la montagne», a déclaré Vincent Bissonnette, l’instigateur d’une pétition de 1000 signatures.

De son côté, François De La Boursodière est d’avis que les sentiers de ski de fond auraient très bien pu cohabiter avec les recherches préconisées par McGill. «On n’a pas entendu le point de vue des gens du Centre de la nature, mais plutôt celui des chercheurs de McGill. Répétons-le, les sentiers qui serpentent le mont Saint-Hilaire existent depuis des décennies, bien avant le legs à l’université.»

«Le fondeur apprend qu’il sera délogé de ce milieu naturel avec lequel il cohabite paisiblement depuis des décennies, sous prétexte de conservation des milieux naturels. C’est pourquoi la révolte gronde lorsqu’il apprend que les sentiers désignés au ski de fond seront réaménagés afin d’accommoder plus de randonneurs et de raquetteurs, qui sont déjà très nombreux. Où est le gain pour la conservation?», lance pour sa part Annie Gauthier.

Les responsables de l’équipe de ski de fond Jackrabbit Team ont également fait part de leur déception. «L’inquiétude règne face à l’agenda de McGill en ce qui concerne l’accès à la montagne, une réserve de la biosphère (UNESCO) dont un des mandats est de concilier la protection des écosystèmes naturels et les besoins des collectivités.»

Le responsable des sciences et communications à la Réserve naturelle Gault, David Maneli, a commenté le rassemblement de samedi. «Les gens ont été bien respectueux, ça s’est bien passé. Nous sommes sensibles aux préoccupations des gens et nous voulons continuer à être le gardien de la montagne tout en donnant l’accès et en favorisant la conservation. Ce n’est pas toujours facile.»

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