25 juin 2020
Rentrée scolaire : besoins urgents d’autobus scolaires
Par: Sarah-Eve Charland

Le directeur général du Centre de services scolaire des Patriotes, Luc Lapointe. Photo gracieuseté

Planifier la rentrée scolaire devrait s’avérer toute une gymnastique organisationnelle au Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP). Le Centre devra user de créativité pour permettre à l’ensemble des élèves du secondaire d’être présents dans les écoles à temps plein et de transporter l’ensemble des élèves, alors que le nombre d’autobus est insuffisant actuellement pour respecter les consignes de sécurité.

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Les ratios d’élèves au niveau primaire retourneront à la normale. Le CSSP pourra constituer des sous-groupes d’un maximum de six élèves qui pourront être en contact à l’intérieur du sous-groupe. Il devra y avoir une distance d’un mètre entre chaque sous-groupe. Pour le moment, le directeur général du CSSP, Luc Lapointe, ne croit pas qu’il y ait d’enjeu d’espace dans les écoles primaires.

Là où la situation se complique est au niveau du transport scolaire. Le gouvernement demande à ce qu’on retrouve un élève par banc dans les autobus. Considérant qu’habituellement, on transportait les élèves à raison de deux par banc et parfois même trois par banc chez les plus jeunes, le CSSP doit donc coordonner deux fois plus d’autobus.

« Ça, c’est majeur. Autant au Centre de services des Patriotes qu’ailleurs, c’est la décision qui a créé les réactions les plus importantes. Au minimum, on doit avoir deux fois plus d’autobus. Ils n’existaient pas ces autobus-là », mentionne M. Lapointe.

Le CSSP a convoqué une rencontre d’urgence le lundi 22 juin avec des partenaires afin de trouver des solutions, s’il en existe, précise M. Lapointe. Ce dernier réfléchit aussi à la possibilité d’emprunter des véhicules du réseau public de transport en commun de la Rive-Sud.

Pour l’ensemble du CSSP, 20 680 élèves utilisent le transport scolaire et 182 autobus sont utilisés quotidiennement. L’organisation coordonne aussi le transport scolaire pour les collèges privés. Les chauffeurs doivent donc effectuer trois vagues de transport le matin et en après-midi.

« Cette contrainte [d’un élève par banc] existe tant au primaire, au secondaire que dans le réseau privé. Est-ce qu’il est possible de faire des vagues supplémentaires? Ça ferait en sorte que les élèves n’arrivent pas au même moment. Chaque vague nécessite du temps entre elles », réfléchit-il.

Le CSSP espère que le gouvernement du Québec et la santé publique seront sensibles à cet enjeu et assoupliront cette contrainte.

La complexité des écoles secondaires

« Il faut voir le secondaire comme étant l’équivalent du primaire dans ce qui est demandé par le gouvernement. Les groupes seront fermés au secondaire. C’est l’enseignant qui change de local et non pas les élèves », résume M. Lapointe.

Bien que le gouvernement offre la possibilité aux Centres de services d’offrir une partie de la matière en éducation à distance pour les élèves de 4e et 5e secondaire, le CSSP ne souhaite pas se tourner vers cette alternative.

« On souhaite que nos élèves soient présents. On veut identifier toutes les solutions possibles pour éviter de faire l’école à distance. On va le faire en dernier recours. Est-ce que ça va être possible dans toutes nos écoles secondaires? Ça va dépendre de ce qui sera réellement possible et de la contrainte de locaux qu’on aura dans chacune de nos écoles », ajoute M. Lapointe.

Plusieurs éléments viennent complexifier la planification des horaires. Entre autres, dans certaines écoles, les élèves doivent partager des casiers. L’organisation doit donc s’assurer que les élèves avec le même casier se retrouvent dans la même classe.

Au niveau du secondaire, il est courant qu’un élève poursuive son cursus scolaire dans un niveau, mais complète un cours dans un autre niveau. Certains élèves n’obtiendront peut-être pas les cours optionnels voulus. Le CSSP est conscient que certains cours sont obligatoires pour accéder à certains programmes collégiaux et devra travailler en considérant cet aspect afin de ne pas nuire à l’avenir de ces élèves.

« Honnêtement, on a bon espoir d’y arriver », assure Luc Lapointe.

Le temps file et la rentrée scolaire arrivera plutôt vite. Plusieurs comités de travail, composés de personnel enseignant, et professionnel, de directions d’écoles et de personnel d’organisation scolaire, ont été formés afin de chercher des pistes de solution. L’expertise des directions des quatre écoles qui ont ouvert leurs portes à la fin de l’année scolaire est aussi mise à contribution.

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