7 octobre 2021
Bilan de la DPJ
Plusieurs enfants en situation de vulnérabilité
Par: Denis Bélanger

Malgré des statistiques à la baisse, les adultes préoccupés par le bien-être des jeunes et les enfants dans le besoin sont encore bien nombreux, de l’avis de la directrice de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Montérégie, Marie-Josée Audette.

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Du 1er avril 2020 au 31 mars 2021, la DPJ de la Montérégie a reçu 17 837 signalements, soit seulement 196 de moins que l’année 2019-2020. Notons que les écoles et les garderies ont été fermées pendant plusieurs semaines au printemps 2020 en raison de la pandémie et que 33 % des signalements proviennent des organismes publics. Mme Audette reconnaît que l’histoire de la jeune fille de Granby maltraitée et décédée en mai 2019 a sensibilisé les gens sur le sort des enfants. En 2018-2019, le nombre de signalements s’élevait à 14 979. « Les professionnels ont aussi été sensibilisés par les événements de Granby. L’intervenant qui ignore si son collègue est au courant d’une situation ou si l’on prend soin de l’enfant, et bien elle ne prend pas de chance et fait un signalement. »

De plus, 5850 des signalements ont été retenus, pour un taux de rétention de 32,8 %. C’est une diminution pour une deuxième année consécutive alors que 33,4 % des signalements étaient retenus en 2019-2020 contre 40,8 % en 2018-2019. Marie-Josée Audette fait une mise en garde quant à cette statistique. « Le nombre d’enfants qui ont des besoins augmente. On peut le constater en voyant les demandes élevées auprès des CLSC et autres services. Oui, plus de 60 % des signalements ne sont pas retenus; [les jeunes] ont quand même besoin de services, mais pas nécessairement de la protection de la jeunesse. »

De plus, 46 % des enfants pris en charge par la DPJ demeurent dans le milieu familial et 14 % se retrouvent avec une personne significative. « C’est une excellente nouvelle, ça veut dire que 60 % des enfants demeurent dans un lieu qui est familier. L’enfant va pouvoir ainsi continuer en grande majorité d’aller à la même école ou service de garde. Quand on déplace un enfant, ça bouleverse », ajoute Mme Audette.

Dans la région

Plus près d’ici, dans le territoire du Réseau local de santé Richelieu-Yamaska, 834 signalements ont été retenus sur un total de 2548. La négligence est le motif pour lequel la DPJ est intervenue le plus souvent dans la région avec 300 situations d’enfants jugées problématiques. « Nous sommes toujours surpris et choqués par ce genre de données. On n’est pas dans un pays du tiers-monde, mais on voit des familles qui vivent dans un contexte difficile où les enfants ne mangent pas à leur faim ou ne sont pas bien vêtus », rapporte Marie-Josée Audette. Dans le secteur, la DPJ a également retenu 198 signalements pour mauvais traitement psychologique, et 105 pour abus physique.

Rétention de la main-d’œuvre

La DPJ n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre. Plusieurs enfants sont en attente d’une évaluation alors que 40 postes d’intervenants sur 140 d’ouverts ne sont pas pourvus. « Il est important que les bons coups soient mis en surbrillance afin que les gens n’aient pas peur de travailler avec nous. Nous avons eu une belle expérience cet été. Nous avons accueilli 70 étudiants en technique ou au baccalauréat. Ils vont continuer de travailler avec nous pendant leur formation scolaire. Ils pourront dire à leurs collègues que c’est moins pire que ce qu’ils pensaient de travailler avec nous. En plus, à la fin de leurs études, ils vont être prêts à travailler. »

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