6 juin 2018
Programme Arts-études (musique) à Ozias-Leduc
Pérennité souhaitée pour ses 30 ans
Par: Olivier Dénommée
Un des groupes de musique lors des spectacles de fin d’année de l’école secondaire Ozias-Leduc. Selon le finissant Jérémie Renaud, «pour beaucoup d’élèves, la passion pour la musique est née ici». Photo: François Larivière

Un des groupes de musique lors des spectacles de fin d’année de l’école secondaire Ozias-Leduc. Selon le finissant Jérémie Renaud, «pour beaucoup d’élèves, la passion pour la musique est née ici». Photo: François Larivière

Initiée en 1989, la concentration Arts-études (musique) en a vu de toutes les couleurs à l’école secondaire Ozias-Leduc de Mont-Saint-Hilaire. Si à son plus bas, le programme attirait environ 150 jeunes, il a aujourd’hui atteint un sommet avec 280 élèves en plus de jouir d’une excellente réputation. À quelques jours de sa retraite, la directrice adjointe Simone Bouchard, notamment responsable du programme, n’espère que le meilleur pour cette concentration.

Même si le programme offert à Ozias-Leduc est le seul en son genre dans la Commission scolaire des Patriotes et qu’il a été entériné par le ministère de l’Éducation il y a quelques années, il n’est pas «élitiste», assure l’enseignant et coordonnateur Yves Adam. «Pas besoin d’avoir fait de la musique au primaire pour entrer en concentration musique», ni même de venir d’une famille de musiciens pour trouver sa place dans le programme. «J’ai joué de la musique au primaire, mais très peu et je pratiquais quelque chose comme 15 minutes par semaine», se souvient Laurianne Paradis, étudiante de secondaire 3 qui admet avoir eu la piqûre en entrant dans le programme au point de jouer de son instrument, le cor français, de deux à trois heures… chaque jour! Même constat pour Jérémie Renaud, bassoniste à la toute fin de son parcours secondaire, qui s’apprête à entrer au cégep en musique.

Entonnoir
Les deux adolescents sont unanimes: ce programme les a convaincus qu’avec de grands efforts, ils pourront un jour avoir une carrière dans l’industrie de la musique s’ils le souhaitent. «Dans le programme, plusieurs élèves ne pensaient pas en faire une carrière, mais ont changé d’idée en secondaire 3, remarque Jérémie. Cette année, on est entre 10 et 15 finissants à poursuivre nos études en musique!»
Pour lui, la concentration est un peu un entonnoir où tous les jeunes ont l’opportunité de se spécialiser et d’y trouver leur compte selon le niveau qu’ils désirent atteindre. Par exemple, le haut calibre des jeunes musiciens fait en sorte que le stage band senior de l’école montera sur scène le 29 juin dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.
De plus, les cours avec des professeurs privés permettent aux instrumentistes de se développer bien au-delà de ce que les cours en groupe permettent au secondaire, comme en témoigne Laurianne qui a été admise au conservatoire l’an dernier. «Je rêve de vivre de la musique et d’avoir une place dans un orchestre professionnel. Je veux aller le plus loin possible dans ma carrière!», lance celle qui rêve d’un jour être dirigée, entre autres, par Yannick Nézet-Séguin.

Le public de demain
Les deux jeunes s’entendent pour dire que le programme Arts-études (musique) leur a ouvert une porte, mais sont persuadés de la pertinence de cette approche pour tout citoyen en devenir. «La musique fera toujours partie de ceux qui en ont joué, c’est certain», croit Laurianne, qui insiste sur le besoin de «former le public de demain» qui comprendra les subtilités de la musique classique et qui aidera à garder vivante l’identité culturelle québécoise.
Devant une si belle relève, Simone Bouchard confirme qu’elle quitte l’école sereine et fière du développement qu’a connu cette concentration dans les dernières années. «Je souhaite la pérennité de ce beau programme, même s’il est moins “vendeur” que sport-études ou PEI. Nos jeunes sont les meilleurs ambassadeurs!» La concentration fêtera ses 30 ans en 2019.

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