10 décembre 2020
Pas de pause pour la lutte contre l’alcool au volant en pandémie
Par: Denis Bélanger

Les policiers continueront de tenir des barrages, mais avec des équipements de protection. (NDLR : Photo prise avant la pandémie) Photo gracieuseté

En dépit de la COVID-19 qui a entraîné l’annulation de tous les partys de bureau et les rassemblements durant les fêtes, la Régie intermunicipale de police Richelieu– Saint-Laurent (RIPRSL) intensifie depuis la fin novembre ses opérations ciblant la conduite avec les facultés affaiblies.

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La RIPRSL participe jusqu’au 4 janvier à une opération nationale concertée sur l’alcool et la drogue au volant. « L’objectif est de rappeler les conséquences. Nos opérations prennent une forme de prévention, car la majorité des gens rencontrés dans nos opérations sont en état de conduire. Mais il faut que les personnes qui pourraient décider de tenter leur chance aient la crainte de le faire en fin de compte », explique le sergent Jean-Luc Tremblay.

Ce dernier fait aussi remarquer que, malgré les nombreuses campagnes de sensi- bilisation, les collisions attribuables à l’alcool ont causé en moyenne 90 décès par année, de 2014 à 2018. De plus, les personnes seules habitant en zone d’alerte rouge ont le droit de recevoir la visite d’une personne. Ajou- tons qu’il n’y aura pas de service de raccom- pagnement en 2020 d’Opération Nez rouge.

Nouvelles façons de faire

La pandémie a obligé tous les corps poli- ciers à revoir leurs façons de faire pour les barrages routiers. Les normes de distancia- tion sociale et l’obligation des agents de porter de l’équipement de protection, dont le masque, privent les policiers de l’odorat comme outil de détection. « Avant, on pouvait effectivement sentir si la personne avait pris de l’alcool. Mais il y a d’autres signes qui peuvent être détectés, comme les yeux et l’élocution du conduc- teur », explique Nicolas Bourdeau, sergent à la gendarmerie.

Les agents doivent aussi apporter plus d’appareils de détection approuvée (ADA) pour les opérations. Ils doivent désinfecter l’appareil après chaque utilisation et attendre au moins 15 minutes avant de le réutiliser. « Il faut aussi se préoccuper de notre posi- tion quand un conducteur souffle dans l’appareil. Il faut s’assurer d’être notamment dos au vent », renchérit le sergent Bourdeau.

D’autres organismes martèlent le message
Les autres voix impliquées dans la sensibili- sation sur l’alcool au volant transmettront malgré tout leur message en 2020 en dépit de la COVID-19. C’est le cas notamment du pilote automobile Bertrand Godin, qui agit comme porte-parole en la matière pour l’entreprise Labatt depuis des années. « Il ne faut pas oublier que l’alcool n’est qu’un complément pour avoir du plaisir en toute sécurité », souligne Godin.

Ce dernier est d’avis que tous les acci- dents où l’alcool est en cause sont évitables. « Il faut planifier sa soirée bien avant pour consommer de façon responsable et s’en tenir à une quantité raisonnable. Le message rentre dans la tête des gens maintenant. »

L’Opération Nez rouge sera également active même si aucun service de raccompagnement n’est offert cette année. À l’échelle nationale, Opération Nez rouge a lancé le 1er décembre sa campagne de sensibilisa- tion virtuelle. La plateforme prenez-les- rennes.com contient de multiples outils, comme des recettes de cocktails sans alcool, des trucs et astuces pour éviter que quelqu’un ne conduise avec les facultés affaiblies, un cadre photo personnalisé pour Facebook ainsi que des éléments distinctifs pour le chauffeur désigné.

Responsable de l’Opération Nez rouge Vallée-du-Richelieu, le Club Optimiste de McMasterville contribuera à la campagne de sensibilisation en diffusant les diffé- rentes communications. Contrairement à d’autres endroits, l’organisme ne fera pas de campagne de financement. Habituellement, les dons amassés étaient distribués à des organismes dédiés à la jeunesse. « Le contexte de la COVID n’est pas idéal pour solliciter des dons et des commandites. De plus, j’occupe pour la première fois le rôle de coordonnateur pour Nez rouge », rapporte Gaétan Labelle.

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