22 décembre 2015
On vend des planches à roulettes, mais peu de skis
Par: Karine Guillet
Les températures inhabituellement douces de décembre ont leur effet un peu partout.

Les températures inhabituellement douces de décembre ont leur effet un peu partout.

COMMERCE. Le manque de neige et les températures douces du mois de décembre ont aussi leur impact sur le commerce. Exit skis, habits de neige et pelles; les clients n’ont pas le cœur à l’hiver.

Selon les données d’Environnement Canada, la moyenne de température enregistrée à la station de Saint-Hubert a été jusqu’à maintenant de 3,1<V>o<V>C. La moyenne pour décembre est toutefois de -6,3 <V>O<V>, selon MétéoMédia.

Pas de pelles, mais plus de lumières

Chez Canadian Tire, le directeur adjoint Marc-Antoine Fisette constate que les temps doux ont grandement nui aux ventes d’articles d’entretien hivernal comme le sel, les pelles et les essuie-glaces.

Les températures clémentes ont toutefois donné envie à davantage de gens d’illuminer l’extérieur de leur maison pour les Fêtes. «Les gens achètent plus de lumières. Il ne fait pas froid, ils ont plus de temps pour les installer», note-t-il

Des patins… à roues alignées

Chez Sports Experts, le gérant Patrick Charbonneau constate aussi que les clients sont moins nombreux à se procurer skis et raquettes. Les clients sont aussi nombreux à regarder les manteaux d’hiver, sans en acheter.    

«Il y a une baisse, mais c’est quand même raisonnable. Nous tirons quand même notre épingle du jeu dans d’autres disciplines parce que nous nous sommes revirés de bord.»

Pour faire face à la vague, son équipe n’a pas hésité à reléguer les articles d’hiver en second plan et à miser sur les conditions météorologiques actuelles. Le gérant souligne que les clients ont davantage d’intérêt pour les patins à roues alignées, les articles de course à pied, les vêtements d’athlétisme ou même le vélo. Les articles de soccer ont également la cote.

Voyages:une accalmie difficile à expliquer

Les aléas de dame nature se font également sentir chez les agents de voyage. Chez Voyage Vasco à McMasterville, la propriétaire Louise Giroux constate que les voyageurs sont moins nombreux depuis les dernières semaines. Si la température a indéniablement un effet, elle soutient que cette accalmie est difficile à associer à la température douce, puisque le temps des Fêtes peut également avoir un impact.

«C’est sûr que ça influence un peu. On en parle entre agents. Il y a en a qui se disent qu’ils vont en profiter pour rester au Québec.»

L’agence de voyages a toutefois bénéficié d’un automne occupé en raison de températures plus froides, croit-elle. Beaucoup de voyageurs qui se sont aussi privés de voyager l’an dernier ont sauté sur l’occasion de s’envoler vers la plage cette année. «C’est peut-être ça qui a eu un effet de levier pour l’automne parce que les gens se disaient qu’ils ne passeraient pas au travers d’un hiver comme celui de l’an dernier», dit-elle.

La production du cidre retardée

 À la cidrerie Cryo, à Mont-Saint-Hilaire, les températures douces retarderont la production de cidre par cryoconcentration (à partir de moût de pomme).

La production par cryoextraction (pommes gelées dans l’arbre),  pourrait être fortement compromise si les températures douces persistent.  Le propriétaire, Hugo Poliquin, dédie chaque année une parcelle de 250 pommiers Cortland à la cryoextraction, qui ne représente toutefois que 15% de son volume de production totale.

«D’habitude, un très belle année, comme l’an dernier, on avait fait tenir 45% des fruits dans l’arbre. Cette année, si on arrive à faire tenir 25%, ça va être bien fort. Il ne fait pas oublier que dans ce 25% qui reste, il ne va rester que 10% de rendement de jus», explique M. Poliquin.

Pas de pistes pour le ski

Les caprices de dame Nature ont aussi nui à la fabrication de la neige à la station de ski du Mont Saint-Bruno, qui n’a pas pu fabriquer de neige la semaine dernière, causant la fermeture temporaire du centre entre lundi  et vendredi (14 au 18 décembre).

Des économies pour la Ville

La température exceptionnelle fait toutefois des heureux. À Beloeil, les cols bleus ont sorti les camions de déglaçage qu’une seule fois, à l’occasion de la première neige, à la fin novembre. Le porte-parole de la Ville, Louis-Jacques Pineault, confirme que cette situation se traduira par des économies pour l’année 2015, puisque la Ville conserve toujours une somme en prévision de la neige de décembre. Il est toutefois impossible de chiffrer le montant.

image