12 juillet 2019
Mont-Saint-Hilaire veut limiter les débordements d’eau dans la rivière
Par: Denis Bélanger

Jacques Drouin, directeur général de la Régie d’assainissement des eaux de la Vallée-du-Richelieu (RAEVR). Photothèque | L’Œil Régional ©

La Ville de Mont-Saint-Hilaire veut s’attaquer aux déversements d’eaux usées dans la Vallée-du-Richelieu. Les élus demandent au gouvernement du Québec d’imposer des normes plus strictes pour limiter les surverses des installations d’assainissement des eaux l’hiver. De plus, la municipalité s’est engagée dernièrement à déposer un nouveau plan de gestion de débordements.

« Il n’y a pas beaucoup de normes l’hiver, et c’est tellement élevé l’hiver comparativement à l’été. Nous voulons que les ouvrages d’assainissement des eaux améliorent leurs performances pour toutes les périodes de l’année. Toutes les usines envoient année après année de l’eau hiver, car ça coute moins cher que de traiter cette eau dans nos propres bassins », commente le conseiller municipal Émile Grenon Gilbert, connu pour ses positions proenvironnementales.

Dans la résolution adoptée à cet effet le 3 juin, le conseil municipal de Mont-Saint-Hilaire demande également à Québec d’investir dans des projets d’infrastructures pour rendre accessibles les améliorations souhaitées ainsi que pour soutenir les entreprises agricoles pour qu’elles améliorent leurs techniques afin de limiter l’érosion des berges lors des pluies intenses. Le document de la Ville sera envoyé aux Villes et aux MRC longeant la rivière Richelieu.

Cette demande de la Ville survient un mois après que la municipalité s’est engagée formellement à préparer un plan de gestion des débordements d’ici trois ans. Elle aura par la suite cinq ans pour appliquer les mesures compensatoires identifiées dans le plan. Mont-Saint-Hilaire doit d’abord colliger plusieurs données comme le nombre de mètres de réseau unitaire et le nombre de résidences dont les gouttières sont connectées au réseau pluvial. Plusieurs vieux réseaux d’infrastructures souterrains emploient une seule conduite pour le pluvial et l’égout sanitaire domestique. Cette situation a pour effet de provoquer des surverses en cas de pluie intense, car les installations d’assainissement reçoivent tout par une seule voie et la pleine capacité des pompes est rapidement atteinte.

Réduction sur 10 ans

À la Régie d’assainissement des eaux de la Vallée-du-Richelieu (RAEVR), qui dessert Belœil, Mont-Saint-Hilaire, McMasterville et Otterburn Park, la direction note une réduction de 59,4 % du nombre annuel d’événements de surverse entre 2008 et 2018, passant de 1219 à 494. En 2018, l’équivalent en eau déversée dans la rivière était de 1049 mm, une baisse par rapport à l’année précédente.

« Les années 2011 (1281 mm) et 2017 (1252 mm) ont été les plus pluvieuses et le nombre de débordements en a également souffert, malgré une baisse importante de 2011 à 2017, explique le directeur général de la RAEVR, Jacques Drouin. Par contre, outre ces années, les précipitations annuelles sont relativement stables, ce qui nous permet de poser le diagnostic d’amélioration globale de la situation, et ce, malgré l’augmentation continue de la population raccordée. »

Pétition de près de 1000 signatures

La qualité de l’eau et le nombre de surverses dans la rivière Richelieu préoccupent aussi bien des citoyens. L’Association des riverains et amis du Richelieu a lancé une pétition, qui était notamment publiée sur le site de l’Assemblée nationale, pour demander au gouvernement de faire des efforts pour limiter les débordements dans le cours d’eau. La pétition a récolté 933 signatures.

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