22 juillet 2020
Nouveau directeur de la police
Marco Carrier veut se rapprocher des citoyens
Par: Denis Bélanger
 Marco Carrier, le nouveau directeur de la Régie de police
Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Marco Carrier, le nouveau directeur de la Régie de police Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

La Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent (RIPRSL) a un nouveau directeur, Marco Carrier, qui assumait déjà depuis plusieurs mois les fonctions sur une base intérimaire. Dans son modèle de gestion préconisé, le citoyen occupe une place centrale.

Publicité
Activer le son

M. Carrier prend la relève de Bruno Pasquini, en poste depuis 2015, qui a officiel- lement quitté le corps policier en juin au terme de son mandat de cinq ans. Marco Carrier assurait l’intérim depuis septembre puisque M. Pasquini était en arrêt de travail. Le nouveau directeur entend faire son mandat de cinq ans qui le mènera à l’âge de 61 ans, avec 40 ans de carrière dans la police en poche. Au-delà de cette date, il ne se fait aucun plan.
Marco Carrier est à l’emploi de la RIPRSL depuis septembre 2015 où il a commencé à occuper le poste de directeur adjoint. Il était responsable des opérations gendarmerie et enquêtes. Auparavant, M. Carrier a travaillé pendant 30 ans au Service de police de Montréal, dont 14 ans comme cadre. Il a de plus été déployé en 2012 en mission interna- tionale en Haïti pendant un an.

Bénéficiaire et collaborateur
M. Carrier vise la satisfaction des citoyens à l’endroit des services policiers pour maintenir leur confiance. « C’est primordial et je crois que la confiance du public est bonne envers notre corps policier. Nous avons très peu de plaintes. »
Le nouveau directeur souhaite ainsi que ses policiers se rapprochent davantage de la
population pour être encore plus efficaces dans leur travail. « Il faut être présent dans les évènements et être de plus en plus à l’écoute du citoyen. C’est un acteur important. Il peut être témoin d’un évènement ou nous mettre en contact avec des partenaires. »
M. Carrier cite en exemple l’initiative Un café avec un policier. « Ce sont des gestes simples à la base, mais importants, car le citoyen donne souvent de la bonne information. »
Marco Carrier croit que la police doit se remettre constamment en question pour améliorer l’offre de service. « Je prône une gestion participative. J’aime ça me faire challenger par les gens de mon équipe, car ça amène un brassage d’idées. »
M. Carrier souligne que la RIPRSL a questionné ses méthodes à la suite de l’assassinat de Daphné Huard-Boudreault à Mont-Saint-Hilaire en mars 2017. La Régie avait été sévèrement critiquée et avait fait l’objet d’une enquête qui n’a finalement pas mené à d’accusations.
« Cet évènement où une pauvre femme a perdu la vie a amené une révision des procédures. Les policiers sont très à l’affût de ce qui pourrait se faire en violence conjugale et font un travail impeccable. »
Le directeur s’est abstenu de commenter davantage le dossier faisant toujours l’objet de procédures devant la déontologie policière.
Défi à venir
À court terme, l’un des premiers défis de M. Carrier sera le renouvellement de la convention collective des policiers qui vient à échéance le 31 décembre 2020. Les contrats de travail des cadres et des employés cols blancs se terminent aussi à cette même date.
Mario Carrier a pris les devants pour les négociations avec le syndicat des policiers. « Le cahier de demandes devrait être déposé prochainement. Je suis confiant d’en venir à une entente. »
Sur le plan des méfaits et des crimes, la RIPRSL aura encore à résoudre des conflits intrafamiliaux, des vols de véhicules de luxe et des introductions par effraction, pour ne nommer que quelques infractions qui surviennent fréquemment sur le territoire. Les crimes informatiques et liés à l’internet deviennent aussi plus courants. Les médias sociaux amènent d’ailleurs leurs lots de désavantages, selon Marco Carrier, qui peut parfois se traduire par de la désinformation.
La légalisation du cannabis n’a pas amené beaucoup de complications dans la tâche des policiers de l’avis du directeur. « C’est plus facile quand on permet de faire quelque chose qui ne l’était pas que de faire l’inverse. Ça s’est fait de façon naturelle. »

Aucune tolérance pour le racisme
Le cas de George Floyd, cet Afro-Américain de 36 ans tué en mai dernier après avoir été interpelé par quatre policiers à Minneapolis, a amené l’Association des directeurs de police du Québec à prendre position, laquelle partage le chef de la RIPRSL. « C’est choquant de voir ces images. C’est quelque chose que nous n’enseignons pas à nos policiers. La position est que le profilage racial n’est pas quelque chose qu’on tolère. Nous devons arrêter une personne en fonction de son comportement, pas en fonction de son origine », soutient M. Carrier.
Trois cadres de la RIPRSL ont assisté à une présentation sur le profilage. « J’ai demandé à mes cadres d’être à l’affût. Il peut y avoir parfois des petits gestes involontaires et les gens ne doivent pas se gêner pour le dire au policier qui ne s’est pas rendu compte que son acte était inapproprié. »

image