18 octobre 2017
L’implication citoyenne
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Il semble que le nouveau mantra des candidats pour les élections de novembre soit celui de la consultation citoyenne.

Création de comités, hausse du nombre de consultations publiques, budget participatif. Ne me pensez pas si pessimiste: de belles idées sur papier, mais reste à voir pour l’implantation.
Prenons-le municipal. Comment le citoyen peut-il participer activement à la vie municipale? D’abord, en s’opposant. Des dossiers comme ceux de la piscine, de la 116 et de la zone A-16 montrent que la participation du public est souvent en opposition.
Ceux qui questionnent ou remettent en doute certains éléments d’un projet sont rapidement affublés du sobriquet d’opposant, avec toute la connotation négative qui en découle. Encore, la Loi 122 (on y revient encore) pourrait permettre aux Villes de ne pas tenir de registre, soustrayant à la population son droit d’opposition, selon moi.
Il reste les comités consultatifs. Le Comité consultatif d’urbanisme est obligatoire, mais les autres comités sont optionnels. J’ai toujours eu l’impression que c’était difficile de recruter des candidats pour siéger à ces comités, surtout dans les petites municipalités. Encore, les élus choisissent qui peut y siéger. Est-ce qu’on a tendance à nommer des gens aux mêmes idées que nous? Et surtout, certains de ces comités ne siègent pas pendant des mois.
Parlons des consultations. Belœil a seulement réussi à consulter 330 citoyens pour son plan stratégique, et je dois spécifier que ce nombre comprend en plus les 95 employés de la Ville et les répondants à un sondage web; c’est très peu. Pourtant, ce plan propose les orientations majeures de l’appareil administratif belœillois pour les dix prochaines années!
Sinon, reste la période de questions. C’est un aspect primordial de la consultation citoyenne. Malheureusement, ce sont souvent les mêmes visages qui se présentent au micro. Encore une fois, le qualificatif de «chialeux» leur colle souvent à la peau.
L’actualité nous montre que la mobilisation citoyenne, loin d’être morte, se manifeste souvent de façon apolitique. Les étudiants dans la rue ont prouvé que la mobilisation pouvait changer les choses. Plus près d’ici, les groupes et comités citoyens contre le gaz de schiste ont initié un mouvement devenu provincial.
Est-ce que la multiplication de comités et des consultations permet vraiment d’obtenir le pouls de la population? Encore une fois, peut-être, je pose seulement la question. Finalement, je suis peut-être un peu pessimiste.
Dans son livre Nous sommes démocratie, L’Institut du Nouveau Monde propose de prendre le problème à la base. Parmi ses sept recommandations pour favoriser la participation citoyenne, l’organisme suggère d’améliorer l’éducation citoyenne, en commençant dès l’école. L’organisme aimerait instaurer un service public obligatoire aux jeunes de 16 à 24 ans. Des écoles, dont certaines de la région, poussent déjà les jeunes au bénévolat; une bonne chose que l’on devrait encourager.
Je ne peux quand même pas accuser les candidats d’être responsables de ce désengagement politique. Je pense toutefois qu’il ne faudrait pas tomber dans la pensée magique en croyant que l’ajout de comités va améliorer la démocratie municipale. Bravo toutefois d’essayer!

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