22 avril 2020
Les soins palliatifs donnés à domicile
Par: Sarah-Eve Charland

Nathalie Savard, directrice générale, Danny Bessette, coordonnateur de la Clinique de gestion de symptômes, Dre Christiane Martel, directrice médicale, et William Beaudoin, coordonnateur du Centre de jour. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Une pandémie ne justifie pas qu’on doit mourir seul. À la Maison Victor-Gadbois, on ne perd pas de vue la grande importance des derniers moments d’une vie. Afin de permettre aux patients de mourir avec leur famille, l’équipe se déplace maintenant aux domiciles de façon sécuritaire.

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« Ce n’est pas le temps de couper nos services. C’est important de rester dans #le cadre de notre mission et ça comprend #les familles. Oui, on apporte la sécurité physique dans notre maison, mais la #sécurité émotive, ça passe par les familles », mentionne la directrice générale de l’organisme, Nathalie Savard.

La Maison Victor-Gadbois avait commencé à offrir des soins à domicile sur une base occasionnelle. Quand l’état d’urgence sanitaire a été déclaré, elle a changé tout son fonctionnement pour maintenir en place les services.

Plusieurs partenaires ont permis d’offrir le service à domicile. Les intervenants peuvent se déplacer en véhicule récréatif. Ils peuvent ainsi donner des soins à la personne, se retirer du domicile, se changer en laissant les vêtements qui auraient pu être exposés à l’extérieur du véhicule et se retrouver en sécurité dans le véhicule récréatif; le tout en restant à proximité #du domicile pour répondre à des besoins s’il y a lieu.

« Pour le moment, on n’a pas un gros volume, mais ça s’en vient. Le réseau est fortement sollicité. On a eu de beaux succès. Il y a des personnes qui ont pu mourir à la maison. Des gens ont pu attendre d’avoir les soins à la maison », ajoute Mme Savard.

L’organisme peut accueillir encore des malades dans sa maison. Les malades ne peuvent accueillir que trois proches choisis par jour. Ces derniers n’ont pas accès aux espaces communs.

« On essaie de garder un équilibre et une bienveillance. Une fin de vie, c’est quelque chose qu’on ne peut pas refaire. Ça n’arrive qu’une fois. […] La communauté est derrière nous depuis 28 ans. Notre travail est de faire sentir à la personne qui reçoit des soins que toute la communauté est derrière elle. »

Une antichambre a été construite en prévention au cas où un malade développe des symptômes s’apparentant à la COVID-19. Les patients ayant des symptômes ou ayant un diagnostic de la COVID-19 ne sont pas admissibles aux soins.

Malgré une équipe réduite, la majorité des services, gratuits, sont maintenus et se tiennent par téléphone ou par visioconférence. La clinique de gestion des symptômes se tient par télémédecine. Plusieurs bénévoles étaient âgés de plus de 70 ans. D’autres manifestaient certaines craintes d’être exposés.

« On a gardé tous nos employés. Puisque le centre de jour a été transféré vers le site web, nos employés compensent le travail des bénévoles. On a une équipe formidable. Ce sont toutes des personnes passionnées par l’être humain », termine Mme Savard.

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