5 mai 2021
Les logements vacants sont presque inexistants
Par: Sarah-Eve Charland

La crise du logement a atteint la région. Photothèque | L’Œil Régional ©

Avec des taux d’inoccupation presque nuls dans la Vallée-du-Richelieu, la crise du logement n’échappe pas à la région. Pour les villes, la situation est préoccupante. Pour les promoteurs, la situation est plutôt complexe.

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Selon l’Observatoire Grand Montréal, le taux d’inoccupation des loyers à deux chambres atteignait 0,3 % à Beloeil. Les données ont été prélevées à l’automne 2020 par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). À Mont-Saint-Hilaire, Saint-Basile-le-Grand et McMasterville, le taux était de 0 %.

La mairesse de Belœil, Diane Lavoie, est préoccupée par la crise du logement. Depuis près d’un an, elle est régulièrement sollicitée par des citoyens qui peinent à se loger. Parfois, ce sont des citoyens avec un bon emploi, mais qui n’arrivent pas à couvrir les paiements élevés.

L’Observatoire Grand Montréal estime que le loyer moyen à Belœil est de 859 $. Notons qu’il s’agit de l’ensemble des loyers. L’organisation n’a pas fait d’analyse concernant seulement les loyers disponibles sur le marché.

C’est pourquoi la Ville de Belœil souhaite adopter un règlement qui obligera les promoteurs à prévoir un pourcentage de logements abordables dans leurs projets immobiliers. Pour le moment, on ne retrouve aucune réglementation dans ce sens.

Le comité de préservation du patrimoine bâti peut imposer certaines exigences lorsqu’il autorise une démolition pour un nouveau projet. Mme Lavoie observe que certains quartiers, souvent avec des logements moins dispendieux, sont requalifiés. Des logements à faibles revenus sont transformés en condos ou en logements luxueux.

« C’est drôle qu’on discute de cet enjeu cette semaine parce que je viens tout juste de suivre une formation qui visait à donner des outils aux municipalités pour favoriser l’implantation de logements abordables. On est en train d’aller chercher les informations pour pouvoir adopter un règlement dans ce sens. [Ce sera adopté] dans la prochaine année parce que le besoin est là maintenant », affirme Mme Lavoie.

Cette dernière assure que la Ville a toujours eu une préoccupation concernant l’accessibilité aux logements abordables. Elle a d’ailleurs demandé au promoteur du Carré Saint-Jean-Baptiste d’en intégrer dans son projet dans le Vieux-Beloeil. Le président du Groupe BBC, David Brassard, confirme qu’il y en aura, mais ne sait pas encore combien il y aura d’unités.

Un Forum sur le logement social et abordable s’est tenu le 19 avril. Depuis septembre 2019, la compétence en matière de logement social a été accordée à la MRC de la Vallée-du-Richelieu. En janvier 2021, les six offices d’habitation municipaux de la région ont été regroupés en une seule organisation.

« La MRC est à l’écoute des besoins et nous entendons bien la complexité de la situation, les enjeux et les réalités des locataires. […] Pour développer une vision globale, nous allons nous appuyer sur notre planification stratégique 2020-2025, et ce, sous l’angle du développement durable en tant que force économique, environnementale et sociale », souligne la porte-parole de la MRC, Ariane Levasseur.

Enjeu complexe pour les promoteurs

M. Brassard se dit sensibilisé à l’enjeu, mais constate qu’il est plus complexe qu’il ne le semble d’offrir des logements abordables.

« Les coûts des terrains et des matériaux sont des enjeux d’accessibilité. On désire limiter la hauteur des bâtiments et offrir une belle architecture, mais tout ça vient à l’encontre de l’accessibilité. […] On voit des groupes de locataires qui crient que les augmentations des loyers n’ont pas de bon sens. Si on veut offrir des loyers abordables de qualité avec les coûts que ça entraîne, l’équation économique ne fonctionne pas », explique-t-il.

Les programmes de subvention comme AccèsLogis ne sont pas simples pour les promoteurs. Avec un marché d’offres et de demandes déséquilibré, les programmes en place ne représentent pas un incitatif attirant pour les promoteurs, observe-t-il.

« Ça demande une grande volonté des promoteurs. Le marché est favorable. Ça prend un incitatif pour que les promoteurs offrent ça, sinon ils ne se casseront pas la tête. Je trouve ça plate qu’en tant que société, on lance la balle dans la cour des municipalités d’offrir des logements abordables. On devrait collectivement offrir des subventions pour des logements abordables. Si les programmes étaient plus faciles, plus de promoteurs les utiliseraient. »

Taux d’inoccupation* Loyer moyen
Beloeil 0,3% 859$
McMasterville 0% 965$
Mont-Saint-Hilaire 0% 985$
Otterburn Park N/D N/D
Saint-Basile-le-Grand 0% 1121$

*Taux pour les logements à deux chambres

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