30 novembre 2018
Fin de la Maison des jeunes à Otterburn Park
Les jeunes devront aller à Mont-Saint-Hilaire et Belœil
Par: Vincent Guilbault
Le local de la maison des jeunes se trouve à l’arrière du centre Marcel-Lacoste, sur le chemin des Patriotes, à Otterburn Park.
Photo: François Larivière

Le local de la maison des jeunes se trouve à l’arrière du centre Marcel-Lacoste, sur le chemin des Patriotes, à Otterburn Park. Photo: François Larivière

À moins d’un revirement de situation, la Maison des jeunes d’Otterburn Park fermera ses portes à la fin de l’année. Dès 2019, les jeunes de la municipalité devront fréquenter les deux autres points de services de la Maison des jeunes des Quatre fenêtres (MDJ4F), à Mont-Saint-Hilaire et à Belœil. Même si plusieurs jeunes fréquentent déjà ces deux points de services, cette décision ne plaît pas à plusieurs adolescents qui préfèrent garder leur point de rendez-vous actuel, dans une salle du centre Marcel-Lacoste, sur le chemin des Patriotes à Otterburn Park.

Pour le maire Denis Parent, la fermeture du local actuel répond à deux impératifs. D’abord, il ne considère pas que le local actuel soit adéquat pour les jeunes. Déjà, plusieurs jeunes d’Otterburn Park se rendent au local de Mont-Saint-Hilaire, plus grand, qui offre plus d’activités et des installations sportives, comme un terrain de basket.
Il n’y a rien à faire dans le local d’Otterburn, si ce n’est que traîner, pense-t-il. «Pour moi, ce n’est pas ça une maison des jeunes. C’est un backstore. On va leur offrir un meilleur service, dans des maisons mieux équipées et à un meilleur prix.» Et même si des jeunes s’opposent à cette fermeture, M. Parent pense qu’il s’agit d’une minorité et que la situation n’est pas si pire.
«On ne les met pas dans la rue, on offre une autre option qui est proche. Les jeunes ne peuvent pas faire d’activité ou de sport à Otterburn, il n’y a pas de terrain.»
De plus, M. Parent souligne que la Ville d’Otterburn Park doit débourser 50 000 $ par année pour offrir le service de maison des jeunes dans son local, un montant cinq fois plus élevé que Belœil et Mont-Saint-Hilaire. Ceci est expliqué par le nombre de subventions que les deux autres villes reçoivent, ce qui n’est pas le cas de la Maison des jeunes d’Otterburn Park, parce qu’elle n’était pas reconnue comme une maison des jeunes par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Nouvelle entente
Au lieu de débourser 50 000 $ pour maintenir le point de service à Otterburn Park, les élus se sont entendus pour payer directement à Belœil et à Mont-Saint-Hilaire un montant respectif de 3000 $ pour permettre aux jeunes d’Otterburn Park de fréquenter les points de service sur leur territoire.
Pour aider les jeunes dans leur déplacement, la Ville aura recours au service d’Ado-taxi, un partenariat avec les taxis Diamonds, pour déplacer gratuitement les jeunes, comme on en voit dans d’autres municipalités. M. Parent estime, de façon conservatrice, que le montant pourrait monter à 9000 $ annuellement, mais pense que ça va être plus bas.
Il souligne aussi que l’idée proposée plus tôt cette année de convertir l’ancienne caserne incendie, qui sera vacante avec la régionalisation des services incendie de la région, a été abandonnée en raison de la présence d’amiante dans le bâtiment.

Garder le point de service
Anne-Marie Lécuyer, mère d’un jeune qui fréquente la MDJ d’Otterburn Park, fait partie d’un comité de soutien des services aux adolescents dans la Ville d’Otterburn Park qui vise à garder le point de service actuel. Elle était présente le lundi 19 novembre, lors de la séance publique du conseil municipal, pour demander aux élus de revoir leur décision. Elle s’est engagée, au nom du comité, à s’impliquer pour aider à garder le point de service ouvert.
Plusieurs jeunes ont aussi pris le micro tour à tour pendant près d’une heure pour expliquer leur volonté de garder leur local. Certains d’entre eux vivent des problématiques particulières, comme de l’intimidation, et ne se sentent pas à leur place dans les autres points de services. Certains se sentent acceptés et écoutés seulement à Otterburn Park et ils ne veulent pas perdre leur réseau d’amis. À différents degrés, ils disent que leur vie a été changée positivement en fréquentant l’endroit.
Mme Lécuyer, avec le rapport annuel 2017-2018 de la MDJ4F en mains, rappelle que le point de service d’Otterburn est le seul point de service à avoir connu une hausse de son achalandage, une hausse de 16 % (ce qui représente un total de 1071 entrées par année). Elle rappelle aussi qu’il y a plein d’activités disponibles pour les aînés et les familles dans la municipalité, mais presque rien pour les ados.
Le Comité et les jeunes devraient se rencontrer dans les prochains jours pour déterminer la suite de leurs actions pour convaincre les élus de revenir sur leur décision.

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