30 mai 2018
Accusé du meurtre de sa conjointe enceinte en 2015
Le procès d’Alexandre Gendron commence lundi
Par: Denis Bélanger
Cheryl Bau-Tremblay.
Photo: Gracieuseté

Cheryl Bau-Tremblay. Photo: Gracieuseté

Alexandre Gendron lors de sa comparution initiale en août 2015. Photo: Archives

Alexandre Gendron lors de sa comparution initiale en août 2015. Photo: Archives

C’est le 4 juin, près de 34 mois après la mort tragique de Cheryl Bau-Tremblay, que débutera au palais de justice de Saint-Hyacinthe le procès pour meurtre de son conjoint Alexandre Gendron. Le drame n’avait laissé personne indifférent alors que la jeune femme âgée dans la vingtaine était enceinte de cinq mois.

Le jury, dont la sélection se fera lundi, aura la tâche de déterminer si Gendron, maintenant âgé de 38 ans, avait eu l’intention de tuer sa victime. L’avocat de l’accusé, Me Guy Quirion, tentera justement de prouver que l’intention n’était pas là pour espérer obtenir un verdict d’homicide involontaire. «Mon client a déjà reconnu qu’il avait causé la mort de Mme Bau-Tremblay. Ma stratégie de défense va se faire à partir de ce fait», a ajouté Me Quirion.
L’enjeu du verdict sera énorme. Pour l’homicide involontaire, il n’y a pas de peine minimale ou maximale quand il n’y a pas eu utilisation d’une arme à feu.
De son côté, la Couronne tentera de faire condamner Gendron pour meurtre non prémédité, qui s’accompagne d’une peine de prison à perpétuité avec une possibilité de libération conditionnelle après dix ans. Au départ, le directeur des poursuites criminelles et pénales avaient déposé une accusation de meurtre prémédité, où la libération conditionnelle ne peut être obtenue avant 25 ans. On a diminué l’accusation après que la défense ait renoncé à l’enquête préliminaire.
Le procès devrait s’échelonner sur quatre semaines. Des audiences devant le tribunal ont eu lieu cette semaine pour le dépôt de requêtes servant à déterminer l’admissibilité de certains éléments de preuve. Selon le procureur de la Couronne Me Pierre Goulet, qui travaille ce dossier avec Me Sandra Bilodeau, une vingtaine de témoins seront entendu. Il ne doute d’ailleurs pas de la solidité de la preuve de la Couronne. «Si la preuve n’était pas solide, [Alexandre Gendron] n’aurait pas été accusé», a dit Me Goulet.
Le procès sera supervisé par le juge de la Cour supérieure Daniel Royer. Bien que le jury est maître du verdict, le magistrat a un rôle important à jouer, car c’est lui qui dicte au terme du procès dans ses directrices les verdicts possibles que peuvent rendent les jurys. Selon le bureau du Shérif de Saint-Hyacinthe, 425 personnes ont été assignées à se présenter au palais le 4 juin pour la formation du jury. Un nombre inférieur de personnes se présenteront alors qu’il y aura des demandes d’exemption.
Le procès ressassera de douloureux souvenirs pour les proches de la victime, dont sa mère Nicole Bau qui a l’intention d’assister au processus judiciaire. «Pour le moment, préparation et organisation sont de mises. Le temps est venu…nous sommes prêts», a déclaré au journal Mme Bau.

Rappels des faits
La Régie de police de Richelieu-Saint-Laurent a signalé officiellement la disparition de la jeune femme de 28 ans le 3 août 2015. Elle venait de revenir à Belœil d’un séjour à Magog et avait été vue pour la dernière fois le 1er août. Après avoir effectué plusieurs recherches sur le terrain, la Sûreté du Québec obtient les autorisations nécessaires pour fouiller la maison du couple sur la rue Alexander, le 6 août. Le couple venait à peine de s’installer dans le secteur et l’achat de la maison avait été conclu à la fin juin. Les policiers découvrent le même jour le corps de Cheryl Bau-Tremblay. Alexandre Gendron est formellement accusé de meurtre le lendemain. Originaire du Lac-Saint-Jean, les funérailles de la victime avaient été célébrées à Saint-Félicien.

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