30 novembre 2018
Le prix des maisons de la Vallée attire les acheteurs de l’extérieur
Par: Karine Guillet
e prix des maisons est de 15 à 20 % inférieur dans la région que dans l’agglomération de Longueuil, selon la SCHL.
Photo: François Larivière

e prix des maisons est de 15 à 20 % inférieur dans la région que dans l’agglomération de Longueuil, selon la SCHL. Photo: François Larivière

Près de la moitié des personnes qui ont acheté un logement dans la région en 2016 n’habitaient pas le secteur un an auparavant, conclut une étude de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) sur le profil des acheteurs du Grand Montréal.

Selon Francis Cortellino, économiste et auteur de l’étude, cette analyse est la première à se pencher sur le profil des acheteurs. Un meilleur profil des acheteurs peut permettre aux villes d’adapter leurs politiques de nouveaux résidents et aux constructeurs immobiliers de mieux cibler les besoins de leurs acheteurs potentiels.
Dans la région comprenant Saint-Basile-le-Grand, McMasterville, Otterburn Park, Belœil, Saint-Mathieu-de-Belœil, Mont-Saint-Hilaire, Chambly, Sainte-Julie, Varennes et Verchères, 49 % des gens qui ont acheté une propriété n’y habitaient pas un an auparavant. Le courtier immobilier Mathieu Carrière constate cependant pour sa part que la majorité des acheteurs proviennent de la région. Selon lui, quelques acheteurs proviennent des alentours de la région ou de Montréal.
M. Carrière constate que les acheteurs de l’extérieur tendent à se diriger vers les propriétés unifamiliales, une préférence qui s’observe aussi dans l’étude de la SCHL.
L’explication la plus plausible pouvant expliquer l’attrait de la région pour des gens de l’extérieur est avant tout le prix généralement moins élevé dans la région que dans l’agglomération de Longueuil, croit M. Cortellino. Par exemple, en 2017, la maison moyenne était évaluée à 288 000 $ à Belœil, alors qu’à Brossard, elle se situait à 322 844 $. «Lorsque les gens réalisent la différence de valeur entre une maison du secteur et une maison de Saint-Bruno, par exemple, ils en ont plus pour leur argent ici, explique M. Carrière. C’est souvent ça. Il y a aussi la gare qui aide.» Le développement commercial en effervescence à Belœil depuis la dernière année contribue aussi à attirer de nouveaux résidents, alors que l’offre de services augmente, ajoute le courtier.

De la Vallée vers ailleurs
En 2018, la Ville de Belœil a accueilli 469 nouveaux résidents, selon le plus récent décret de population.
Les citoyens qui ont choisi de quitter la Vallée sont demeurés en grande partie sur la Rive-Sud, constate M. Cortellino, alors que 60 % ont acheté une propriété dans l’agglomération de Longueuil et que 13 % ont préféré s’établir dans l’ouest de la Rive-Sud ou à Saint-Jean. Environ 15 % des gens qui ont quitté ont posé bagage à Montréal.

Des maisons pour les premiers acheteurs
En raison du prix plus bas dans la région, le marché est favorable aux premiers acheteurs. Les moins de 35 ans représentent justement 44,4 % des premiers acheteurs de maison unifamiliales dans la région, l’une des plus fortes proportions des secteurs de la Rive-Sud, note l’étude.
Mathieu Carrière constate également que les premiers acheteurs sont nombreux à se tourner vers les maisons de la région.

Condo
Mathieu Carrière constate aussi une mouvance des personnes âgées du marché de la maison vers celui du condo. Selon l’étude de la SCHL, plus d’un acheteur de copropriété sur cinq avait plus de 55 ans. «Ces gens-là vont souvent quitter leur maison pour aller dans des condos ou en locatif. Ça ouvre la porte au marché des [premiers] acheteurs», constate-t-il.
D’ailleurs, selon les plus récentes statistiques de la Fédération des chambres immobilières du Québec pour la région, la vente de condo a bondi de 32 % dans la dernière année, alors que le nombre d’unités de logement en vente a diminué. Pour l’ensemble de la région métropolitaine de Montréal, la copropriété demeurait le segment du secteur de la revente le plus dynamique.

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