15 juin 2016
Le prix de la démocratie
Par: Vincent Guilbault
La Coalition soutient que le projet sur la rue Saint-Jean-Baptiste ne répond pas aux besoins des citoyens de Belœil.

La Coalition soutient que le projet sur la rue Saint-Jean-Baptiste ne répond pas aux besoins des citoyens de Belœil.

EDITORIAL. C’était écrit dans le ciel, a répondu spontanément une collègue. Plus de 540 signataires ont bloqué le règlement d’emprunt pour la piscine.

Pour connaître la décision de la Ville.

 

Ce projet, depuis le début, accroche. D’abord, la transparence initiale. Peu importe ce qu’on dira, les opposants n’ont pas digéré la façon dont se sont déroulées les négociations avec la Commission scolaire des Patriotes (CSP).

N’est pas si lointain le temps où les résidents de Beloeil pouvaient profiter d’une piscine à l’école Polybel. Le temps de le dire, la piscine fuyait, la Ville et la CSP ne se parlaient plus et le bâtiment a été converti en gymnase. La CSP demandait une participation à la Ville pour coucher les 500 000$ pour une rénovation.

Et vlan, juin 2015, on annonce la fermeture. On ne sait pas trop ce qui s’est dit derrière les portes en négo, mais certains détails semblent nous avoir échappé à tous. Les opposants n’ont pas aimé.

Au moins 1000 personnes ont douté. Devant un registre signé, la Ville devait retourner à la table à dessin. Moi, j’aurais tenu un référendum. Mais la Ville a été plus rusée. Elle a proposé un «nouveau» projet, c’est-à-dire une refonte du premier.

Mais cette fois, au lieu d’y aller rapidement derrière les portes closes de l’hôtel de ville, les élus ont envahi l’espace public: soirée de consultation, dépliants, rencontres avec les journalistes. Je félicite la démarche. «Je veux entendre la population qui ne s’est pas prononcée. 1128 personnes, ce n’est pas l’ensemble de la population de la ville», avait répondu la mairesse Diane Lavoie.

On a présenté plusieurs options, pour en retenir trois. Finalement, après consultation, la Ville s’arrête sur le site de Saint-Jean-Baptiste. Là aussi, on accroche un peu. Le flou dans la gratuité du terrain, l’envergure du projet (14,7 M$). Personnellement, j’aimais bien cette nouvelle proposition. Je déplore toutefois qu’elle n’ait pas été sur la table lors de la première ébauche du projet. Il aura fallu un premier registre.

Et vous savez quoi? Les opposants vont bloquer le prochain aussi, j’en suis certain, peu importe sa forme. Faut respecter ça, je dois ajouter. C’est ça la démocratie. On n’aime pas les règles? Parfait, changeons-les. Mais pour le moment, 500 personnes sur une population de 20 000 peuvent demander un registre.

Je pousserais plus loin. Tenons le foutu référendum! «Je veux entendre la population qui ne s’est pas prononcée», disait la mairesse Lavoie. Il y a un outil pour ça; un référendum.

Le prix pour tenir le référendum serait de 150 000$, estime la Ville. C’est cher. C’est peut-être le prix de la démocratie.

image