29 janvier 2020
Le poumon de la ville
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Le terrain de golf est le poumon de la ville. C’est ce qu’on entend. Alors si c’est vrai, profitons-en pour prendre une grande respiration par le nez!

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Ok, c’est fait? Parfait. Maintenant, parlons calmement.
La Ville de Beloeil a pris une grosse décision hier. Devant l’inquiétude de citoyens, les élus ont convenu de tenir une consultation publique sur l’avenir du terrain de golf. C’est que depuis quelques semaines, les opposants à tous projets domiciliaires sur le terrain sont très actifs. Lundi soir, ils ont réussi à mobiliser une petite foule pour mettre de la pression sur les élus. Une première victoire pour les opposants donc.
Reconnaissons toutefois à la Ville le fait suivant : la mairesse Diane Lavoie a toujours mentionné qu’elle exigerait l’acceptabilité sociale pour tout changement de zonage sur le terrain du golf qui permettrait la construction d’un complexe résidentiel. Et elle a été proactive lundi soir en promettant une vaste consultation publique.
Car même si les gens du golf étudient les possibilités de construction sur leur espace et émettent des scénarios, rien n’est gagné pour eux. Au contraire.
Je comprends les opposants de craindre l’arrivée d’un complexe résidentiel, peu importe leurs raisons. Mais ils doivent rester rationnels (mais alerte) : aucune pépine ne pointe son nez à l’horizon. Et les avocats de la Ville, selon la mairesse, maintiennent que le zonage actuel protège le terrain.
Nuançons aussi les arguments. Le terrain vert est-il exceptionnel? Oui, à sa façon. Comparable à la réserve de la Biosphère de Mont-Saint-Hilaire, comme certains le disent? Ou même à Central Park? Laissez-moi en douter très, mais très fortement. C’est un endroit précieux, certes, mais ce n’est pas un écosystème exceptionnel. À vouloir faire de l’enflure, on peut finir par se tirer dans le pied.
Mais bon, si Beloeil est prête à investir dans des stationnements écologiques dans le Vieux-Beloeil et sur la rue Duvernay pour réduire les ilots de chaleurs, on ne peut pas avoir un meilleur élément de réduction de chaleur qu’un terrain de golf!
Maintenant, si le but ultime de l’opposition est de maintenir en vie le Golf, est-ce que l’arrivée d’un projet d’une résidence pour aîné, par exemple, endommage réellement ce rôle d’espace vert? Je ne sais pas, je pose la question. C’est ici que se jouera le bras de fer entre les opposants et les propriétaires.
Et l’autre problème, c’est la nature privée du golf. Nous devons nous fier à la parole du président concernant les dettes du Golf qui s’élèvent, dit-on, à 3 M$. Disons que c’est bien le montant de la dette pour fin de discussion. Ça nous place devant quelques défis. Est-ce que la Ville doit acheter le terrain? Une partie de terrain? Et que coûtera l’entretien annuellement? Devant ces questionnements, aucune réponse.
Mais l’option est maintenant sur la table pour la première fois. Et si nous achetions collectivement ce terrain? Ce n’est peut-être pas si fou. Je serais curieux de voir les conclusions de cette option. Et nous aurons le temps et la chance d’en discuter.

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