27 mars 2019
Incendie de la rue des Gouverneurs
Le pire évité grâce à deux bonnes samaritaines
Par: Denis Bélanger

Six logements ont été incendiés. Photo gracieuseté Marc Berthiaume

N’eût été la vitesse d’esprit de deux jeunes femmes qui passaient dans le secteur par un pur hasard, le bilan de l’incendie de la rue des Gouverneurs dans la nuit du 20 mars aurait été alourdi avec le décès d’occupants de l’immeuble de 12 logements.

Laury-Ann Fortin de Saint-Bruno-de-Montarville et Zoé Grisé de Montréal allaient reconduire un ami à Belœil lorsqu’elles ont aperçu qu’un feu avait pris naissance sur un édifice. Elles se sont arrêtées tout près et Laury-Ann a appelé les policiers, aux alentours de minuit et demi. « Le feu était déjà prononcé. Dans ma tête, je croyais que les autorités avaient été averties, mais non, personne n’avait appelé », raconte la jeune femme de 20 ans.

Ne voyant aucun résident sortir de l’immeuble et constatant les autos garées dans le stationnement, les deux amies sont entrées dans la portion du bâtiment qui était moins touchée par les flammes. « Nous avons sonné sans arrêt jusqu’à tant que quelqu’un nous ouvre. Après, nous avons frappé à chacune des portes pour informer les locataires de l’ampleur de l’incendie. Nous sommes ressorties et allées cogner dans les portes patio des logements de la partie plus touchée », poursuit-elle.

D’après leur témoignage, elles ont notamment aidé une dame âgée à sortir de son logement du deuxième étage via la porte patio. Sous le choc, une fois sortie, la dame voulait rentrer chez elle pour récupérer des effets personnels, mais les deux femmes l’ont freinée.

Les deux jeunes femmes ont rencontré mardi des représentants de la Régie intermunicipale de sécurité incendie de la Vallée-du-Richelieu, dans le cadre de l’enquête visant à déterminer la cause de l’incendie. Cette dernière demeurait toujours inconnue au moment de mettre sous presse. Chose certaine, le témoignage des deux femmes a donné des éléments additionnels aux pompiers, assure le directeur adjoint aux affaires internes de la Régie, Sylvain Labrecque.

« Si elles n’étaient pas intervenues aussi rapidement, on aurait sûrement eu des morts sur les bras, renchérit-il. Ces deux personnes sont dignes d’être soulignées par un acte d’héroïsme et de civisme au niveau provincial. On va tout mettre en branle pour qu’elles obtiennent la reconnaissance. Elles ont eu une belle vitesse d’esprit et n’ont pas figé. »

D’autres détails
Seulement six logements ont été touchés par les flammes puisque le bâtiment était séparé en deux par un mur coupe-feu. Cinquante sapeurs ont travaillé sur l’intervention. Les pompiers de la Régie ont eu du renfort de Chambly et de Sainte-Julie. L’autobus de l’Association des Pompiers auxiliaires de la Montérégie a été dépêché sur les lieux pour venir en aide aux sinistrés. Le feu a été maîtrisé vers 4 h 30. Une dame a été transportée à l’hôpital pour un malaise à la poitrine et pour avoir inhalé de la fumée. La Régie croit que le feu aurait peut-être commencé dans son logement. Le lendemain matin, c’était une quinzaine de locataires qui se retrouvaient sans toit.

Aide aux sinistrés
D’autres gestes de solidarité ont été démontrés à la suite du violent incendie. La Ville de Belœil a créé un fonds sur la plateforme de sociofinancement GOFUNDME (www.gofundme.com/aide-aux-sinistres-sur-la-rue-des-gouverneurs). Au moment de mettre sous presse, 225 $ avaient été amassés sur un objectif de 1000 $. De son côté, le Club de santé Atmosphère situé sur la rue Duvernay avait mis son gym à la disposition de la population pour recueillir des biens matériels et les redonner aux sinistrés. Après seulement une journée de collecte, plus de 50 $ en argent et plein de sacs remplis « d’amour » avaient été amassés.

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