6 mars 2020
Le concours d’hommes forts de la police annulé  
Par: Denis Bélanger

Polybel accueillait l’an dernier la 16e édition du Défi des athlètes de force. Photo gracieuseté

La Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent laisse tomber cette année son traditionnel Défi des athlètes de force, notamment en raison d’une baisse d’intérêt des écoles de la région. La compétition se tenait vers la fin des classes depuis 16 ans à l’école secondaire Polybel.

« Ce n’était pas que le projet n’était pas intéressant. Nous nous retrouvions de plus en plus avec des écoles de l’extérieur de notre territoire. Ça devenait difficile sur le plan de la logistique, explique Francis Lepage, capitaine au département sociocommunautaire à la Régie. Nous devions tout coordonner avec des commissions scolaires qui n’étaient pas les nôtres. Il y avait aussi moins d’intérêt de la part de nos écoles. Nous avons consulté dans nos démarches le fondateur André Phaneuf. »

M. Lepage ajoute que le temps consacré au défi sera réinvesti vers d’autres projets. « Nous avons eu plusieurs belles années. Cela ne signifie aucunement que nous ne reviendrons pas éventuellement avec le défi sous une autre formule. Mais celle qui était en place était trop engageante pour nous. »

Le Défi de force a été instauré notamment pour contrer le décrochage scolaire. Le policier André Phaneuf a eu l’étincelle de ce projet à la suite d’une situation particulière. Il avait surpris deux jeunes en train de s’introduire sans permission dans un local afin de s’entraîner. L’un des deux jeunes avait été renvoyé de l’école secondaire Polybel l’année précédente en raison de problèmes de consommation. Il avait été réadmis à la condition qu’il demeure dans le droit chemin. L’autre jeune était son frère qui s’était porté garant de lui. Il voulait l’occuper sur l’heure du midi, car son frangin aimait s’entraîner. Le policier a ainsi mis sur pied le concours par la suite.

Au début, le Défi de force n’était que local, mais il est vite devenu un événement régional. En 2016, les responsables du programme avaient même établi un partenariat avec l’Alliance canadienne des athlètes de force amateurs (ACAFA). M. Phaneuf a pris sa retraite à la fin 2016, mais a continué de s’impliquer bénévolement. La Régie a de plus renommé l’événement en l’honneur du policier retraité.
André Phaneuf se dit peiné de la nouvelle, mais comprend la décision. « Au cours des 14 années pendant lesquelles le défi a pris de l’ampleur et de la notoriété, j’ai eu la chance d’avoir de nombreux collaborateurs parmi les enseignants, les directions d’écoles et les techniciens en loisirs, des gens qui ont cru aux bienfaits de l’évènement. Par contre, aujourd’hui, pour ceux qui ont pris la relève, c’est comme repartir le projet presque comme au début. »

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