7 février 2018
La fin Pour une 2e vie
Le commerce fermera ses portes en juin
Par: Vincent Guilbault
Les objets de seconde main qui n'auront pas trouvé acheteur pourraient être remis à d'autres organismes, souligne Nicola Fraraccio, mais leur sort n'est pas encore décidé. Photo: Vincent Guilbault

Les objets de seconde main qui n'auront pas trouvé acheteur pourraient être remis à d'autres organismes, souligne Nicola Fraraccio, mais leur sort n'est pas encore décidé. Photo: Vincent Guilbault

Âgé de 78 ans, Nicola Fraraccio fermera les portes de son commerce Pour une 2e vie, en juin, après huit ans d’existence. L’homme continuera toutefois de se dévouer aux fondations des hôpitaux Honoré-Mercier et Maisonneuve-Rosement en amassant de l’argent.

En huit ans, ce rescapé du cancer estime avoir remis plus de 100 000 $ aux deux Fondations avec les profits tirés des ventes de son commerce d’objets usagés. Reconnaissant envers le milieu hospitalier de lui avoir sauvé la vie, M. Fraraccio avait décidé de créer un commerce pour remettre plus d’argent au milieu de la santé qu’il n’aurait pu le faire lui-même avec des dons personnels.
En juillet dernier, le propriétaire avait manifesté son intention de passer le flambeau à un potentiel acheteur, qui aurait pu continuer son œuvre.
Incapable de dénicher un acheteur sérieux, M. Fraraccio a donc vendu le bâtiment abritant son local à une entreprise de gestion immobilière, la semaine dernière, et il a entrepris une liquidation de sa marchandise. «Je prends encore des dons d’objets pour un mois, puis après, j’arrête. Je vais vider l’entrepôt pour une fermeture à la fin de juin. J’ai mis un rabais de 50 % sur tout pour liquider, j’ai beaucoup de marchandise», explique le propriétaire du commerce situé au 949 C, Bernard-Pilon, à Belœil. Toutefois, son intention première reste toujours de trouver un remplaçant qui voudrait s’impliquer.

Trop tôt pour la retraite
Questionné sur ses intentions après la vente, Nicolas Fraraccio refuse de parler de retraite. «Je ne consacrerais plus six jours par semaine au commerce, dit-il, mais je veux continuer de collecter des fonds pour les deux Fondations. Je vais participer à leurs activités [bénéfices] et en faire la promotion. Je vais rester actif, mais sous une autre forme.»

«Un homme droit»
La fin du commerce est dommage, admet Lucie Drapeau, directrice générale de la Fondation Maisonneuve-Rosemont, mais rien n’est éternel, souligne-t-elle. «Nous sommes très reconnaissants du travail de M. Fraraccio, explique Mme Drapeau, qui a bien connu le commerçant. Elle n’avait d’ailleurs que de bons mots pour lui: «Il a toujours été très déterminé, dévoué. Tous les mois, il envoyait un chèque à la Fondation.»
Questionnée sur la forme d’engagement proposée par M. Fraraccio, qui sort de l’ordinaire, Mme Drapeau dit avoir toujours eu confiance en l’homme. «Il a toujours été transparent. C’est un homme très droit», dit-elle.

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