28 novembre 2019
Exposition Fragments et débris du neuvième continent
Laurent Bonet à la défense de l’art fait main
Par: Olivier Dénommée
Jusqu’au 31 décembre, Laurent Bonet est installé au Mail Montenach pour présenter son exposition Fragments et débris du neuvième continent. Par la suite, « de belles choses » l’attentent en 2020, lance-t-il sans donner de détails. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Jusqu’au 31 décembre, Laurent Bonet est installé au Mail Montenach pour présenter son exposition Fragments et débris du neuvième continent. Par la suite, « de belles choses » l’attentent en 2020, lance-t-il sans donner de détails. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Peintre et sculpteur bien établi dans la région, Laurent Bonet a eu l’idée sur un coup de tête de louer un local vacant dans le Mail Montenach pour y installer une galerie d’art éphémère jusqu’à la fin de l’année. Il s’apprête maintenant à accueillir les amateurs d’art lors du vernissage de sa nouvelle exposition Fragments et débris du neuvième continent, annonçant la mort de l’art fait à la main.

Rencontré la semaine dernière, Laurent Bonet en avait long à dire sur le message qu’il souhaitait véhiculer à travers sa nouvelle exposition. « Ce qu’on appelle le huitième continent, c’est la masse de plastique dans l’océan. Pour moi, il y a aussi un neuvième continent qui contiendrait toutes les œuvres d’art faites par la main de l’homme qui ont été perdues. Je n’annonce pas ici la fin de l’art, mais plutôt la fin du travail fait main dans un monde où le virtuel prend toute la place. »
Il s’inquiète du fait que l’évolution de la technologie et de l’intelligence artificielle change de façon durable notre relation avec l’art. « On a mal interprété les artistes comme Marcel Duchamp et Paul-Émile Borduas et on a banni l’apprentissage du travail manuel dans les écoles d’art, ce qui est une erreur : à travers nos mains, notre inconscient parle. Mais la tendance générale veut que le travail manuel soit dévalorisé au profit de l’idée, du concept. Pour moi, c’est une grande perte pour l’humanité. »

Démarche unique
La démarche de Laurent Bonet est particulière, lui qui est devenu « archéologue de [sa] propre mémoire » au fil des années. « J’ai toujours l’impression de commencer une nouvelle vie régulièrement; j’ai changé 800 fois de vie et je n’ai aucun repère », admet celui qui dit travailler 16 heures par jour et qui a consacré de longues années avant d’atteindre sa « maturité artistique ». La plupart de ses créations sont en fait des œuvres « recyclées » en une autre forme. « Certaines de mes œuvres ont eu entre 10 et 15 visages au fil des ans », explique celui qui aime travailler avec les visages et les corps humains. Même le thème de l’exposition n’a été décidé qu’il y a quelques semaines, après l’ouverture de la galerie, trahissant la démarche très spontanée de l’artiste.
D’ailleurs, c’est son côté spontané qui l’a poussé à louer un espace dans le Mail Montenach pendant quelques mois. « Je suis resté attaché à cette région et je tenais à faire mon exposition ici. Des amateurs d’art de la région peuvent être tentés d’aller à New York, à Toronto ou à des foires internationales pour voir des expositions. Je les invite à Belœil pour quelque chose de très spécial et de peut-être unique au monde! » De son propre aveu, l’artiste a pris goût à sa galerie et regrette déjà de devoir quitter les lieux dans le prochain mois, mais assure que d’autres portes se sont ouvertes à lui.

Vernissage jeudi
C’est ce jeudi 28 novembre que le vernissage de Fragments et débris du neuvième continent aura lieu, en formule 5 à 7. « C’est paradoxal, mais je considère avoir déjà atteint mes objectifs avec cette exposition. Tout le reste, c’est du bonus. Je m’attends à voir des amis et des amateurs d’art à cette fête », résume Laurent Bonet. La galerie éphémère Pop-Up est située au Mail Montenach (600, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, porte 2, Belœil) et demeurera ouverte jusqu’au 31 décembre seulement. Il sera aussi possible d’y entendre Laurent Bonet dans le cadre d’une conférence sur « l’art pararéaliste post-contemporain » et « les mutations à venir dans le monde de l’art » le 11 décembre.

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