6 mars 2019
L’ancienne résidence Belle-Rive bientôt démolie
Par: Denis Bélanger

Le bâtiment voisin de l’église sera éventuellement démoli. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Voisin de l’église Sacré-Cœur-de-Jésus de McMasterville qui est en voie d’être reconnue comme bâtiment patrimonial, l’édifice ayant abrité la résidence pour personnes âgées Belle-Rive sera éventuellement démoli pour faire place à un immeuble de plusieurs logements. Des résidents des environs s’inquiètent entre autres de l’impact visuel qu’aura dans le décor de la nouvelle construction.

Également désigné par les résidents comme l’ancien presbytère, le bâtiment a été vendu cet été au montant de 600 000 $ à la Société de gestion Jarto de McMasterville. Les administrateurs sont Pierre Jarry, propriétaire de l’entreprise de construction portant son nom, et son fils Mark Jarry, de Jarry Gauthier Avocats. Le journal a essayé d’obtenir des commentaires de la part de Pierre Jarry, mais ce dernier n’a pas été en mesure de rappeler le journaliste au moment de mettre sous presse. L’ancien propriétaire était une compagnie à numéro administrée par les résidents de Belœil Melven Chapados et Sylvie Aubry.

Une résidente de la rue Nadeau, Hélène Bricault, a contacté le journal dernièrement pour lui faire part de ses inquiétudes quant à l’avenir du bâtiment. « Malheureusement, si on construit un [bâtiment de] quatre étages de plusieurs logements, cela changerait grandement notre environnement. Et là, il y aurait un stationnement sous-terrain. On serait envahis par le bruit pendant tout l’été. »

Pendant l’entrevue réalisée avec Mme Bricault près du bâtiment en question, d’autres résidents sont venus partager leur crainte. L’une d’entre elles n’écarte pas non plus la possibilité de déménager, estimant qu’un autre multilogements dans le secteur viendrait amenuiser davantage le caractère champêtre du quartier.
De son côté, la municipalité de McMasterville rappelle les défis auxquels doivent faire face les Villes. « Nous avons des bâtiments, qui ont peu de valeur et dont l’état n’incite pas les gens à investir dans la rénovation, se trouvant sur les terrains à grande valeur », a souligné Lyne Savaria, qui quittera son poste de directrice générale pour occuper un nouvel emploi à la Ville de Varennes. « Nous sommes aussi en obligation de densification, normes édictées par la Communauté métropolitaine de Montréal. »

En effet, McMasterville, vu sa proximité à une gare de train, se retrouve en zone TOD, dont les seuils de densité sont d’une quarantaine d’unités de logement à l’hectare. « La logique derrière le Plan métropolitain d’aménagement durable est d’arrêter d’empiéter sur nos terres agricoles », a renchérit le maire Martin Dulac.
On ajoute que la Ville ne peut pas empêcher la construction d’un bâtiment de plusieurs logements notamment en raison des règles de densité. Le maire et la directrice générale font remarquer que McMasterville a réussi à protéger l’église et que le promoteur de la future construction aura des balises à respecter. Le nouveau bâtiment ne sera plus aussi près de la rue Richelieu comme c’était le cas avant. Ils ont aussi confirmé qu’il y aurait un stationnement souterrain pour éviter d’avoir à la surface une mer d’asphalte, étant donné qu’il s’agit d’îlot de chaleur.

« Il n’y avait personne sur la rue Nadeau qui avait vue sur l’église à partir de sa maison. Il faut vraiment sortir pour la voir », a poursuivi M. Dulac.

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