22 février 2018
Lab-École
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

À l’annonce du Lab-École, projet piloté par les vedettes Ricardo, Pierre Lavoie et l’architecte Pierre Thibault, j’ai levé le sourcil. Celui de gauche. Mon sourcil cynique. Réformer le milieu d’éducation; ben oui.

Puis le trio est passé à Tout le monde en parle. C’est la première fois que je me suis intéressé à leurs propositions.
Pour tout dire; je suis tombé sous le charme. Vraiment.
Au-delà des idées, qu’on peut remettre en doute, j’ai été converti. Trois gars, trois illustres vedettes proposent aux Québécois de repenser l’école, avec tout ce que ça implique de positivisme, de volonté, mais aussi de naïveté. De repenser ces «milieux de vie» où nos enfants passent la plupart de leur temps; beaucoup plus de temps que vous et moi à leur âge.
Ces trois gars veulent donner un coup de main (donner, car c’est bénévole), s’entourer d’enseignants, de parents et même d’élèves. Revoir l’espace, revoir les repas, revoir l’exercice. Révolutionner l’école, la base même de l’éducation. Non, la base même de notre société.
Et le Syndicat de Champlain, qui défend les enseignants de la Commission scolaire des Patriote, les accueille littéralement avec une brique et un fanal. J’ai rarement vécu autant de frustration en regardant une vidéo. À l’invitation du Syndicat, le trio a accepté de discuter de sa démarche, avec deux représentants, devant une caméra, en direct sur Facebook.
Mais le syndicat ne voulait rien entendre. Ils avaient des craintes, je peux comprendre. Mais pendant 45 minutes, j’ai senti des gens bornés et campés dans leurs positions. Le trio avait beau répéter vouloir aider les profs et offrir sa notoriété pour appuyer leur combat, les deux interlocuteurs sont restés de glace.
Le syndicaliste Éric Gingras n’a pas cessé de marteler que le ministère devrait écouter les gens du milieu et le personnel de soutien. C’est vrai, je suis 100 % d’accord avec lui! Mais on dirait qu’il n’a pas entendu que le trio proposait justement d’écouter tout le monde. Quand j’ai vu des enseignants chialer contre l’initiative de ces trois gars-là sur les réseaux sociaux, je capotais. Hey la gang, faites-vous-en des alliés! Le gouvernement ne t’écoute pas? Profite de ces ambassadeurs pour passer ton message!
Je comprends les frustrations des gens du milieu qui ne se sentent pas écoutés. C’est le problème de bien des syndicats, ça fait partit du lot. Je comprends les inquiétudes de M. Gingras. D’accord. Mais cette résistance, celle-là, je ne la comprends pas.
Sérieux, fallait voir la face en désarroi de Pierre Lavoie (oui, le gars qui consacre sa vie à faire bouger les jeunes): «Je veux juste donner un meilleur environnement aux enseignants. S’ils n’en veulent pas, je vais me retirer. Je vais aller m’impliquer ailleurs.»
Ben non, on ramène tout le monde vers le bas parce que les idées testées ne profiteront pas à tous sur-le-champ. C’est ça l’idée d’un labo; on teste et si ça fonctionne, on transpose.
Le Lab-École, c’est un investissement de 1,5 M$. Des miettes sur le budget de l’éducation. Cette démarche n’enlève rien aux autres. Elle peut être parallèle au combat des enseignants et du personnel pour obtenir de meilleures conditions, ou encore pour ceux qui veulent s’impliquer pour améliorer leur école. Elle peut être parallèle aux demandes syndicales (j’en suis).
Me semble que lorsque de l’aide se pointe, tu ne la retournes pas de bord.

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