14 août 2019
Projet de la rue Saint-Georges
La Voix des citoyens mise en demeure
Par: Denis Bélanger

Steve Richard expliquant son projet lors de la consultation publique Photothèque | L’Œil Régional ©

De nouvelles procédures judiciaires pourraient être entamées en lien avec le projet de la rue Saint-Georges à Mont-Saint-Hilaire. Le promoteur du développement et président d’Odacité, Steve Richard, ainsi que les Marchés Pepin menacent de poursuivre plusieurs personnes du groupe La Voix des citoyens pour diffamation et propos mensongers s’ils ne se rétractaient pas.

M. Richard affirme avoir envoyé des mises en demeure aux administrateurs de la page Facebook du groupe et à ses membres les plus actifs pour « qu’ils cessent leur campagne de salissage et de désinformation ». Huit personnes sont visées par ces démarches, dont Hugo Gendron, qui a déjà occupé le rôle de porte-parole du groupe. M. Gendron avait indiqué au journal la semaine dernière qu’il avait pris du recul de La Voix des citoyens pour des raisons personnelles.

« À plusieurs reprises, la page citée a fait allusion à une proximité entre le développeur et le conseil municipal, allant même à évoquer le versement de pots-de-vin. Plusieurs informations fausses avec l’objectif de soulever un tollé populaire contre le projet ont aussi été publiées », peut-on lire dans un communiqué envoyé par Odacité.

La nouvelle est tombée lundi en après-midi et M. Richard donnait 24 heures aux gens pour se rétracter.
L’Oeil Régional a tenté d’obtenir des commentaires des administrateurs de la page Facebook du groupe de citoyens ainsi que de M. Gendron, mais personne n’a été en mesure de contacter le journaliste au moment de mettre sous presse.

Metro pointé du doigt
Depuis une semaine, les promoteurs du projet dénoncent sur plusieurs tribunes publiques l’implication financière des propriétaires et administrateurs des Marchés Metro Riendeau dans les démarches de La Voix des citoyens.

En effet, dans un document de cour déposé en juillet, il est rapporté que le directeur des opérations du Metro de Mont-Saint-Hilaire, Gabriel Riendeau, a avoué en interrogatoire qu’il avait soutenu de diverses manières les opposants au projet de la rue Saint-Georges. Il a notamment financé la confection et la distribution de tracts sur le projet qui contenaient des informations inexactes, coordonné la signature de pétitions et financé des sondages « afin de stigmatiser » le projet auprès de la population. Toujours selon la déclaration sous serment, l’épicier a reconnu avoir financé le recours des citoyens devant la Commission municipale du Québec pour contester un règlement de zonage et ainsi bloquer le règlement. L’Œil Régional a offert la chance à la famille Riendeau de commenter le contenu de ce document de cour, mais elle n’a pas rappelé le journaliste.

Les administrateurs des Metro Riendeau ne sont toutefois pas visés par la récente mise en demeure.

Audience reportée
Rappelons que le Metro de Mont-Saint-Hilaire est déjà dans un branle-bas de combat judiciaire avec la Ville, ayant déposé ce printemps une poursuite pour invalider le plan particulier d’urbanisme du secteur centre-ville et freiner le projet de la rue Saint-Georges. Les parties impliquées dans le dossier devaient débattre mercredi de la demande d’injonction pour bloquer tous travaux le temps que le litige se règle devant les tribunaux. L’audience a finalement été reportée aux 11 et 12 septembre prochain à Montréal.
Les travaux de la rue Saint-Georges sont bloqués depuis la mi-juillet à la demande du juge et la Ville doit adopter entre autres des dérogations mineures pour permettre les travaux de construction.

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