28 juillet 2021
Pénurie de personnel dans le milieu hôtelier
La Vallée n’a pas été épargnée
Par: Olivier Dénommée
L’hôtel Rive Gauche a procédé à de nouvelles embauches pour répondre à la demande de sa clientèle. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©�

L’hôtel Rive Gauche a procédé à de nouvelles embauches pour répondre à la demande de sa clientèle. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Plusieurs reportages ont fait état de la situation difficile dans certaines chaînes d’hôtels, forcées de « fermer des chambres » faute de personnel pour les nettoyer ou pour assurer la qualité du service aux clients. La situation n’est pas très différente dans le milieu hôtelier de la Vallée-du-Richelieu.

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Karine Rancourt, responsable du marketing et des relations publiques au Manoir Rouville-Campbell, à Mont-Saint-Hilaire, sent un bel engouement de la part de la clientèle cet été, mais reconnaît que seulement 40 % des 65 chambres et suites sont actuellement disponibles. La pénurie de main-d’œuvre n’est toutefois pas la seule responsable de cette situation. « La difficulté de trouver du personnel est généralisée au Québec, mais on avait aussi un souci de limiter la capacité pour respecter les mesures sanitaires », soutient-elle. Le désir de « ne pas pousser [ses] employés à bout » fait aussi partie de l’équation.

Le Manoir espère que cette situation difficile s’améliorera d’ici la fin de l’été et mise sur une campagne de recrutement sur les réseaux sociaux afin de pourvoir les postes vacants. « Le Manoir Rouville-Campbell est à la recherche de quatre cuisiniers, cinq serveurs [plus le] personnel occasionnel pour les banquets, quatre préposés à l’entretien ménager et trois réceptionnistes, énumère Mme Rancourt. On veut offrir un service optimal pour tous nos clients. »

L’Auberge Handfield, à Saint-Marc-sur-Richelieu, fait aussi face à une pénurie d’employés pour l’entretien ménager. « Il manque trois personnes sur cinq à l’entretien ménager. Par contre, un autre département libère une personne pour aller donner un coup de main sur la fin de semaine, ce qui nous permet de réserver en moyenne 15 unités sur 29 pendant quatre nuits sur sept seulement », relate Christelle Martinez, déléguée ventes groupe et services congrès à l’Auberge Handfield.

« Parallèlement à cela, le nombre peu élevé de cuisiniers et de serveurs ne nous permet pas non plus d’être ouverts à temps plein au niveau de la restauration. […] Cela ne nous permet pas non plus d’accueillir tous les groupes souhaités en banquet, alors qu’habituellement, 70 % de notre clientèle est constituée d’événements de groupes », ajoute-t-elle, précisant que les voyageurs individuels sont toutefois au rendez-vous cet été. Pour le moment, l’Auberge Handfield roule à environ 40 % ou 50 % de sa capacité normale, toujours selon Mme Martinez.

Du côté de l’hôtel Rive Gauche, à Belœil, on assure qu’on n’a « fermé » aucune chambre depuis la première vague de COVID-19, au printemps 2020, mais que nettoyer les chambres après le passage des clients reste un défi important. « Il n’y a pas de formule magique, mais on a procédé à l’embauche de nouveau personnel au cours des dernières semaines. On arrive à répondre à la demande de notre clientèle », commente Vanessa Ruel, directrice de l’hébergement du Rive Gauche.

La PCRE pointée du doigt
Mme Ruel prédit que la pénurie de main-d’œuvre dans le milieu hôtelier se résorbera à partir de cet automne. La raison : les gens qui ont préféré profiter de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) que de travailler cette année vont certainement retourner sur le marché du travail à la fin de cette mesure, justement prévue à la fin septembre.

Un avis partagé par Karine Rancourt. « C’est certain que la PCRE n’a pas motivé grand monde à travailler dans les derniers mois. »

Il est donc permis d’espérer que le milieu hôtelier pourra de nouveau rouler à plein régime d’ici la fin de l’année, bien que les dernières observations partagées par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) ne sont pas aussi encourageantes pour ce secteur.

« La pandémie n’a épargné aucune PME. Mais celles qui sont dans les secteurs des arts et loisirs et de l’hébergement et de la restauration ont été tout particulièrement touchées en raison des fermetures, des restrictions de voyages et des limites de capacité d’accueil. Il faut s’attendre à ce que ces entreprises continuent d’avoir un niveau de vente catastrophique pendant encore plusieurs mois », commente par voie de communiqué Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à la FCEI.

Le rapport partagé le 15 juillet par la FCEI indique que 32 % des PME en hébergement et restauration sont complètement ouvertes et que seulement 15 % enregistrent des revenus normaux.

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