1 mai 2019
Clinique jeunesse de Belœil
La Table de concertation jeunesse a interpellé les ministres
Par: Sarah-Eve Charland

Nadia Laroche et Mélodie Georget assurent que la Table de concertation jeunesse de la Vallée des Patriotes travaillent depuis près d’un à la réouverture de la clinique jeunesse. Photo Sarah-Eve Charland | L’Œil Régional ©

En réaction à la sortie publique des représentants de l’organisme Ruban en route qui ont dénoncé la fermeture de la clinique jeunesse au CLSC des Patriotes à Belœil la semaine dernière, les intervenants de la Table de concertation jeunesse de la Vallée des Patriotes assurent travailler depuis plus d’un an à obtenir la réouverture de la clinique.

« Ça fait longtemps qu’on s’est questionnés là-dessus. On s’est dit que c’était une des choses les plus importantes pour les jeunes qui expérimentent l’alcool, la drogue et la sexualité », souligne Mélodie Georget, de la Table de concertation jeunesse.

Les services de la clinique jeunesse  sont suspendus temporairement, depuis juin 2018, le temps de trouver un nouveau médecin répondant. Les cliniques jeunesse les plus près se trouvent à Saint-Hyacinthe ou à Sainte-Julie.

« On est dans une ère où on remet l’éducation sexuelle à l’école, mais on ferme les cliniques jeunesse, se questionne la présidente de la Table, Nadia Laroche. On veut faire bouger les choses. Pour nous, c’est inacceptable. C’est un groupe d’âge qui est vulnérable. On se fait dire qu’il y a une clinique à Saint-Hyacinthe. Les jeunes ne se déplaceront pas. Les référer à l’urgence? Ils n’iront pas à l’urgence. »

Elle mentionne que la clinique jeunesse offre des services beaucoup plus larges que l’éducation à la sexualité et le dépistage d’infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Le volet santé mentale est aussi très important, ajoute-t-elle.

En action

La Table de concertation a affirmé avoir contacté le député de Borduas, Simon Jolin-Barette, il y a près d’un an. Ne voyant pas de changement, l’organisation a envoyé une lettre à la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est, Louise Potvin, en octobre 2018.

En janvier 2019, une réponse a été acheminée à la Table de concertation. Selon le CISSS, « les changements dans la réorganisation des soins de santé et de services sociaux ont amené bon nombre de médecins de famille à revoir leurs activités et à délaisser leur pratique en CLSC », lit Mélodie Georget.

Les médecins qui travaillent en Groupe de médecine familiale (GMF) ont des cibles d’assiduité et d’inscription de patients à atteindre, explique le porte-parole du CISSS, Hugo Bourgoin. « Or, la clientèle en clinique jeunesse ne compte pas comme des patients inscrits pour les médecins répondants, ce qui fait qu’ils ont tendance à concentrer leur pratique en GMF. » Ce dernier a assuré que l’organisation est en démarche active avec le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens pour remédier à la situation le plus rapidement possible.

La présidente de la Table de concertation, Nadia Laroche, poursuit. « On a reçu la lettre. On l’a lu. On a tous dit que ça ne nous satisfait pas. »

Une deuxième lettre a été envoyée à la ministre de la Santé, Danielle McCann, et au député de Borduas, Simon Jolin-Barrette, le 4 avril. Elles n’ont pas encore eu de réponse au moment de mettre sous presse.

La directrice du bureau de circonscription de M. Jolin-Barrette, Marie-Hélène Leboeuf, assure partager les préoccupations de la Table jeunesse et avoir porté le dossier à l’attention de la présidente-directrice-générale du CISSS Montérégie-Est.

« Bien qu’elle nous ait assuré que les changements en cours n’occasionneraient pas de bris de services, des inquiétudes demeurent, par exemple, dans le cas des jeunes de plus de 16 ans non-scolarisés ou encore de ceux qui n’ont pas accès à un médecin de famille. C’est pourquoi nous travaillons présentement sur le dossier en collaboration avec le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant », affirme-t-elle.

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