3 juin 2016
La détermination de Martin Fortin
Par: Karine Guillet
Traumatisé crânien, Martin Fortin va aujourd’hui à la rencontre de jeunes conducteurs

Traumatisé crânien, Martin Fortin va aujourd’hui à la rencontre de jeunes conducteurs

TÉMOIGNAGE. Martin Fortin n’a aucun souvenir de l’accident qui a changé sa vie, le 22 février 2000, mais il doit vivre tous les jours avec les conséquences d’un traumatisme crânien. Déclaré inapte au travail par la Société d’assurance automobile du Québec, le jeune papa réalise aujourd’hui près d’une centaine de conférences par année pour sensibiliser les élèves de cinquième secondaire à l’importance de la sécurité routière.

«Je me suis dit tant qu’à ne rien faire et à rester chez moi, ce sera ma contribution à la société», explique celui qui est originaire de Sainte-Madeleine. En plus de son rôle de conférencier, M. Fortin s’implique aussi auprès du comité des usagers du Centre montérégien de réadaptation (CMR) à titre de vice-président. «Je m’implique socialement parce que ça garde mon cerveau actif.»   

Martin avait 16 ans lorsque la voiture de son ami, duquel il était passager, a percuté un autre véhicule sur la route 116 à Belœil, alors que les amis revenaient du cinéma.   Il a été réanimé trois fois avant de tomber dans un coma qui a duré  un mois et demi.  Par la suite, il a dû passer en tout près de trois ans en réadaptation interne et externe.

Encore aujourd’hui, il doit également composer avec des troubles de mémoire, une fatigabilité plus grande que la moyenne et des troubles de concentration.  Grand sportif et musicien avant l’accident, il  ne peut plus désormais jouer de la batterie en raison d’une paralysie du côté gauche.

Celui qui rêvait à une carrière en mécanique a aussi dû faire le deuil d’une vie professionnelle. «J’aurais aimé ça, me rendre au travail avec la chienne, la boîte à lunch et me rendre au travail. Mais ce n’est pas possible à cause des troubles de mémoire.»

Malgré cet obstacle majeur, Martin a tout de même réussi à terminer ses mathématiques et son anglais de quatrième secondaire, de même que son français de cinquième secondaire au Centre de formation des Maskoutains. Une détermination qui lui a valu la médaille du lieutenant-gouverneur en 2002.  Son traumatisme ne l’a pas empêché non plus de décrocher son permis de conduire et d’être le fier papa de deux petites filles.

«Ça aurait été facile de dire que je lâche tout. Mon objectif quand je suis rentré là, c’était de finir mes matières de base. Si jamais il y a un changement, j’ai toujours eu espoir qu’on trouve un traitement un jour, j’aurai mes matières de base pour aller faire mon DEP. »

Sensibliser

À l’approche de la période des bals de finissants, le conférencier va à la rencontre d’étudiants de cinquième secondaire de Polybel, Ozias-Leduc et Saint-Joseph (Saint-Hyacinthe) depuis plus d’une dizaine d’années. Il souhaite responsabiliser les jeunes conducteurs aux effets et conséquences de leur conduite.

«Quand tu as le volant entre les mains, n’oubliez jamais que vous avez la vie des  gens entre vos mains. [Mon ami qui conduisait] m’a dit « moi je te l’ai remis ta vie, mais pas dans l’état que tu me l’avais donné ». Il l’a encore sur le cœur. »

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