17 janvier 2018
Impasse pour un projet d’hébertisme
Par: Denis Bélanger

Jean-François Larocque (troisième) devant son terrain en compagnie des actionnaires Stéphanie Larochelle, Olivier Barcelo Desrosiers et Caroline Fillion.

L’impatience règne chez l’entrepreneur Jean-François Larocque, qui travaille depuis plusieurs mois sur la réalisation d’un projet d’hébertisme (parcours à obstacle) sur un terrain boisé situé en aire de conservation à Mont-Saint-Hilaire.

Le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) vient de donner une recommandation défavorable à son projet, comité qui avait pourtant donné un avis favorable en 2016. De son côté, la Ville est prête à faire des efforts pour aider M. Larocque dans ses démarches.

Avec l’appui de partenaires, M. Larocque, notamment propriétaire de l’entreprise Les Peintures F&J Colors, à Mont-Saint-Hilaire, souhaite aménager le Parcours X, un sentier comprenant une cinquantaine d’obstacles, échelonnés sur cinq kilomètres. Cette activité serait exploitée durant la saison estivale, mais la propriété pourrait accueillir d’autres activités de plein air en hiver, dont du ski de fond. Le projet initial propose seulement la construction d’un bâtiment d’accueil. M. Larocque assure que l’aménagement du parcours n’entrainerait pas d’abattage d’arbres.

Le terrain, acquis en 2017 pour 355 000$, se situe entre le boulevard Sir-Wilfrid-Laurier et le Chemin des Carrières. Le site contient également une érablière de plusieurs entailles et M. Larocque aimerait éventuellement y développer un projet de cabane à sucre privée. La propriété est située en zone agricole et dans la bande tampon de la réserve naturelle Gault.

«Nous sommes de la région et aimons notre montagne, que nous avons déjà perdue à McGill. Nous voulons avoir quelque chose qui appartient aux gens d’ici, explique M. Larocque qui demeure à Belœil. Nous voulons faire des affaires pour développer le va-et-vient dans le secteur.»

Du sable dans l’engrenage
Une modification du règlement de zonage est entre autres nécessaire. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) doit aussi donner son accord. Le 23 février 2016, les membres du CCU avaient recommandé aux élus de donner un accord de principe pour permettre les usages récréatifs de type extensif dans les boisés protégés en zone agricole.

M. Larocque a dû toutefois refaire une demande au CCU et les membres ont cette fois recommandé de refuser la modification de zonage, le 12 décembre dernier. Le compte-rendu de cette réunion a été rendu public à la séance du conseil municipal du 8 janvier où s’est présenté l’entrepreneur, qui n’a pas caché sa déception devant ce refus. «Quand on me parle de règlement de code éthique (adopté à cette séance), je ne crois pas que j’ai été véhiculé dans votre code d’éthique. Je n’ai jamais eu de suivi. Il fallait que je coure après tout.»

La demande de modification de zonage a finalement été refusée par les élus, car le projet ne cadrait pas avec les objectifs du plan d’urbanisme durable (PUD), dont l’un des objectifs est de protéger les boisés. Mais le PUD n’avait encore été adopté au moment de la demande initiale de M. Larocque.

Le maire Yves Corriveau a reconnu devant M. Larocque que l’attente a été longue. «Notre PUD a été reporté plusieurs fois et ça a occasionné des délais. Malheureusement, vous n’êtes pas le seul, d’autres projets ont vécu la même chose.»

Excédé, M. Larocque se demande si on ne lui met pas des bâtons dans les roues pour qu’il vende le terrain moins cher à Mont-Saint-Hilaire. L’entrepreneur a appris que la municipalité avait envisagé de l’acheter. Notons que l’évaluation municipale actuelle est bien au-dessous du prix payé par l’entrepreneur, soit 181 700$. Le maire a rejeté cette hypothèse. «L’ancien propriétaire essayait de le vendre à tout le monde. Depuis 15 ans, on a acheté des millions de pieds carrés de terrains. Notre but, c’est de prendre des boisés et de les protéger à vie.»

La Ville est toutefois prête à retenir les services d’un conseiller externe pour voir si le projet est compatible avec les objectifs du PUD ou si des correctifs peuvent être apportés, aux frais de M. Larocque. Jean-François Larocque se dit ouvert à modifier son projet.

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