15 août 2018
Frappée par le cancer alors qu’elle vit son rêve
Par: Karine Guillet

L’Hilairemontaise Sophie Cornellier et son conjoint ont tout quitté il y a quatre ans pour vivre leur rêve de faire le tour du monde en voilier. Mais le voyage vient de prendre une inquiétante tournure alors que Sophie souffre d’un cancer du sein. Sans couverture de la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ), elle s’en remet au financement populaire pour l’aider à payer ses traitements de chimiothérapie, évalués à 76 000 $ américains, selon le couple.

Malgré la maladie qui la frappe, Sophie Cornellier n’a aucun regret. «C’est le meilleur geste qu’on a pu faire, lance cette maman de deux enfants, avec qui L’Œil Régional s’est entretenu par vidéoconférence alors qu’elle se trouve à Puerto Rico. Je le referais demain, même en sachant ce qui m’arrive. Mais je n’ai pas encore fait tout ce que je voulais faire. C’est pour ça qu’on se bat pour que ça continue.»
Mme Cornellier est atteinte d’un cancer de type HER2 positif. Elle dit avoir d’abord découvert une bosse sur son sein en prenant sa douche, il y a un mois. C’est toutefois la découverte de ses ganglions anormalement enflés qui l’a inquiétée pour de bon. Grâce à un ami, elle a été rapidement vue par un médecin oncologue. En moins d’un mois, elle recevait son premier traitement de chimiothérapie, à Puerto Rico.

Rêve de petite fille
Géographe de formation, Sophie caressait depuis longtemps le rêve de faire le tour du monde à voilier, un rêve que partageait aussi son conjoint, alors actionnaire d’une entreprise. Le couple s’était au départ donné cinq ans pour réaliser son rêve de partir à l’aventure, mais n’en a pris finalement que quatre. Le couple a officiellement aménagé dans le voilier avec leur fille Thalye en mai 2014. «On s’est dit que, si on ne l’essayait pas, on ne saurait jamais si on avait pu le faire. On voulait aussi faire vire à notre fille l’expérience de découvrir ce qui se passait ailleurs dans le monde», explique-t-elle.
De la Floride, le trio aura navigué pour découvrir les Bahamas, les îles Turques et Caïques, Haïti, la République dominicaine, Saint-Martin et les îles Vierges. Le couple avait prévu notamment vivre grâce à la vente des actions de Louis, de même que grâce à différents placements et à des REER. À long terme, le couple prévoyait trouver une solution pour gagner de l’argent, en rendant différents services, entre autres. Sophie est aussi instructrice de plongée, ce qui lui aurait permis d’avoir quelques contrats à la pige.
Depuis près d’un an, l’embarcation est toutefois amarrée à Puerto Rico, alors que le bateau garde encore de lourdes cicatrices de sa rencontre avec les ouragans Matthew, puis Maria. Afin de réparer les dégâts, le conjoint de Sophie est d’ailleurs retourné au Québec, alors qu’une opportunité de travail s’est ouverte à lui. Thalye, quant à elle, passe aussi l’été au Québec, dans la famille.

Pas payés
Sophie devra recevoir six traitements de chimiothérapie avant d’être opérée. Le coût des six traitements de chimiothérapie est évalué à 76 000 $. Ce qui n’inclut pas le coût de la chirurgie ni celui des médicaments qu’elle doit prendre pour combattre les effets secondaires.
Sophie n’est toutefois plus admissible à la RAMQ puisqu’ayant quitté le pays depuis plus de 183 jours et n’étant pas admissible à l’extérieur du pays pour le travail ou les études. C’est sans compter que, puisqu’elle a déjà commencé son traitement, il faudrait qu’elle soit prise en charge immédiatement à son retour au Québec, où elle devrait de toute façon payer le coût du traitement.
«On commence à penser à se résigner à vendre le bateau, sinon je n’aurai plus de traitement», admet-elle. En raison des lourds dommages, elle ignore toutefois ce qu’elle pourrait tirer de la vente. Mais ce n’est pas le pire pour Sophie. «La journée où je vends mon bateau, je n’ai plus de maison.»

Son conjoint a donc mis sur pied une campagne de sociofinancement pour tenter de joindre les deux bouts. Le couple espère récolter 50 000 $. «Nous ne demandons pas que ça nous coûte rien, mais il nous est impossible d’assumer cette facture seuls» écrit son conjoint dans la présentation de la campagne.
Jusqu’à maintenant, ils ont récolté un peu plus de 13 000 $. «Ça me touche énormément. Je n’ai pas de mots pour dire à quel point ce sont de beaux gestes d’amour, de générosité et d’humanité. Je ne pourrais pas avoir plus de gratitude.»

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