1 novembre 2017
Faire du ski de fond au Centre de la nature
Par: L'Oeil Régional

En réponse aux nombreux amateurs de ski de fond qui critiquent négativement la décision du Centre de la nature, je me permets d’exprimer une opinion peut-être différente.

Par contre, je suis d’accord que la conservation n’est peut-être pas la seule raison pour cette décision. Il y a certainement des raisons économiques et pratiques (entre autres, le manque de neige).
Depuis quatre ans, je fais de la randonnée hivernale en moyenne de deux ou trois fois par semaine et mes observations ne sont pas favorables à certains arguments avancés. Conservation: entre autres, je ne suis pas d’accord avec Pierre Pontbriand sur son affirmation que le ski est l’activité la moins dommageable, car les sentiers de raquettes et de marche sont déjà établis pour la randonnée estivale. Le Centre doit utiliser une machine à essence pour tracer les pistes de ski, donc pollution de l’air et pollution sonore pour la faune surtout très tôt le matin, en plus du maintien du tracé de certains sentiers strictement réservés au ski, sentiers qui ne sont pas utilisés pour la randonnée estivale. Oui, il est possible de faire du ski sans traçage, mais cela exige plus de neige pour un bon fond non tapé par une machine, des pistes plus larges et un entretien constant par des employés en ski avec leur équipement.
De plus, il m’arrive de voir de nombreuses traces de ski hors-piste, et de voir des traces de ski en bordure des sentiers réservés aux randonneurs à pied ou en raquettes, même qu’une fois j’ai dû m’écarter pour laisser passer un skieur glissant dans une forte pente descendante. Donc, destruction des repousses et plantes au sol hors sentiers sans compter le danger pour les randonneurs si le skieur manque d’expérience (et ça j’en ai vu beaucoup dans ma vie de skieur). Je dois admettre que sur ce point, j’ai souvent observé des randonneurs faire pire, entre autres des parents encourageant leurs enfants à glisser sur des pentes enneigées entre des sections de sentiers en lacet, soit par leur silence ou soit par l’exemple. Et des traces de pas partant des sentiers vers le lac ou vers les ruisseaux, probablement par des gens amateurs de photographie. Encore destruction des repousses et des plantes au sol.
Raquettes: en quatre ans, je n’ai été obligé d’utiliser des raquettes que trois fois (j’utilise des crampons), car il y a tellement d’autres randonneurs à pied et en raquettes que la neige est généralement bien tapée sur les sentiers (en fait, il y a trop de gens qui utilisent inutilement des raquettes, mais ça, c’est un autre sujet). Et je n’ai jamais vu de traces de raquettes dans les sentiers réservés au ski; des traces de pas, malheureusement oui. Pour terminer, sachez que je n’ai rien contre le ski de fond, car j’en ai fait pendant plus de 30 ans sur des milliers de kilomètres et sur presque tous les sentiers des Laurentides.
Oui, c’est dommage que le ski ne soit plus accepté au Centre de la nature et oui c’est probablement plus pour des raisons économiques et pratiques qu’environnementales, mais je ne suis pas d’accord que cette activité est la moins dommageable. Et c’est une belle activité, pas nécessairement la meilleure pour apprécier une expérience d’immersion dans la nature hivernale. Un ami m’a rappelé que le Centre de la nature même est en contradiction avec l’esprit de conservation originel de M. Gault. Alors rappelons-nous que toute activité en ces lieux est un privilège accordé et non un droit.

Paul Lortie, Mont-Saint-Hilaire, membre et utilisateur du Centre de la nature

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