10 janvier 2017
Elle s’intéresse à l’impact de la fonte des glaces au lac Hertel
Par: Karine Guillet
Pour arriver à prendre ses échantillons, Marie-Pier Hébert doit d'abord perforer le couvert de glace.

Pour arriver à prendre ses échantillons, Marie-Pier Hébert doit d'abord perforer le couvert de glace.

Les sacs du quai flottant peuvent contenir 3500 litres d'eau.

Les sacs du quai flottant peuvent contenir 3500 litres d'eau.

SCIENCE. Une doctorante en biologie de l’Université McGill profite de la saison froide pour mener des recherches sur l’impact de la réduction du couvert de glace sur la biodiversité du lac Hertel.

L’Université McGill s’était déjà penchée sur l’impact des changements climatiques sur la biodiversité du lac situé en plein cœur du mont Saint-Hilaire. Mais c’est la première fois que des recherches de ce type sont menées en hiver à la Réserve naturelle Gault.

«Chaque siècle, on a un couvert de glace réduit de deux semaines. On voulait simuler ces effets-là. Donc, retarder la formation de la glace sur le lac pour voir comment ça allait changer les dynamiques des communautés de planctons», explique la chercheuse Marie-Pier Hébert.

Photosynthèse

Les phytoplanctons profitent de la lumière pour la photosynthèse. L’hiver, comme le couvert de glace laisse pénétrer moins de lumière, certains tombent en dormance. Les zooplanctons profitent pour leur part de l’hiver pour la reproduction.  Une plus grande quantité d’énergie disponible pourrait pousser ces espèces à poursuivre d’autres activités que la reproduction. C’est entre autres l’hypothèse que souhaite vérifier la chercheuse. Elle souhaite également vérifier si la photosynthèse est toujours possible avec un couvert de glace moins épais.

«Avec une méthode par fluorescence, on va prendre plusieurs micro-organismes et regarder pour voir s’ils ont synthétisé des pigments photosynthétiques. Si on en voit, ça veut dire que si on avait mesuré qu’il y avait de la lumière, on va confirmer que ces organismes ont été capables de faire de la photosynthèse. Si on n’en voit pas, ça veut peut-être dire que malgré la lumière, ce n’était pas assez pour les empêcher de tomber en dormance.»

Mme Hébert utilise présentement le quai flottant du lac Hertel pour mesurer cet impact, grâce à huit sacs contenant 3500 litres de l’eau du lac attachés au quai. Alors que la moitié des sacs lui servent de témoins, elle se rend tous les jours sur le site pour briser la glace sur ses quatre autres échantillons, afin de retarder la formation de la glace.  

La chercheuse mènera cette année l’expérience sur trois semaines. Elle recueillera des données une fois par semaine. Elle mesure entre autres la température de l’eau, la quantité d’oxygène, le pH, la conductivité, la chlorophylle, la biomasse de certaines algues et la composition de la colonie de phytoplanctons et de zooplanctons. Chaque collecte prend quatre heures.

Collaboration

Pour mener à bien son expérience, la chercheuse a dû relever plusieurs défis, notamment parce que l’équipement est sensible au froid. Elle a même acheté des chauffe-main pour protéger les équipements.

La chercheuse souhaite répéter l’expérience l’an prochain avec un plus grand nombre de sacs, durant tout l’hiver. «Nous n’étions pas sûrs de réussir parce que la glace était tellement épaisse et qu’elle reprenait vite. Mais là, le traitement fonctionne», se réjouit-elle.

Sous la direction de Gregor Fussman, Marie-Pier Hébert mène des recherches en collaboration avec l’Université du Québec à Montréal et l’Université du Québec à Chicoutimi.    

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