7 décembre 2017
Demande de parrainage d’une veuve
Du sable dans l’engrenage
Par: Denis Bélanger

Sophie Thewys. Photo: Facebook

Le dossier à l’immigration de Sophie Thewys, la veuve de l’homme écrasé à mort accidentellement par sa mère la veille de Noël à Mont-Saint-Hilaire, piétine et n’avance pas au goût du député de Beloeil-Chambly, Matthew Dubé, qui dénonce les rigidités de la bureaucratie.

Mme Thewys est originaire de la Belgique. Son défunt conjoint, Nicolas Faubert, avait effectué en 2014 une demande de parrainage pour elle et son fils. La demande de parrainage a été acceptée le 9 janvier 2017, avant d’être révoquée quelques jours plus tard à la suite de l’envoi de l’acte de décès de M. Faubert. Le dénouement de ce dossier touche aussi indirectement la fille de Sophie Thewys et de Nicolas Faubert. Même si l’enfant est citoyenne canadienne, les règles permettent à sa mère de l’emmener dans son pays d’origine.

Matthew Dubé avait par la suite déposé à la Chambre des communes une pétition d’environ 1700 signatures destinée au ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. M. Dubé a reçu récemment la réponse à sa pétition, laquelle rappelait notamment les procédures à faire pour obtenir la résidence permanente au Canada, des «infos que les gens concernés connaissaient déjà». Puis la semaine dernière, dans le but de continuer à mettre de la pression dans ce dossier, Matthew Dubé a posé une question au premier ministre Justin Trudeau sur ce sujet. Selon l’élu néo-démocrate, M. Trudeau a employé de longues phrases creuses.

«Non, on ne s’est rien fait refuser. Mais présentement, on doit recommencer à zéro sur certains éléments, ce qui forcerait Mme Thewys à renvoyer des documents et à répondre à nouveau à certaines exigences. C’est frustrant comme situation. Presqu’un an aujourd’hui après cette terrible tragédie, nous constatons combien ce gouvernement est en train d’improviser dans ce dossier», a ajouté Matthew Dubé.

La situation exaspère aussi Sophie Thewys. «Quand la bureaucratie bloque des vies, quand tu te heurtes à des barrières de règles complètement inhumaines qui empêchent les gens d’avancer et de pouvoir se tenir la tête en dehors de l’eau! Je suis révoltée de voir à quel point les gens sont dans des carcans et ne veulent pas sortir la tête de l’eau», a écrit Mme Thewys sur sa page Facebook.

Matthew Dubé demeure sûr que le dossier finira par trouver un dénouement heureux. «Mme Thewys n’est pas menacée du tout d’expulsion. Elle a son statut légal au Canada et son permis de travailler. Mais elle et sa famille ne peuvent faire leur deuil tant que ce dossier n’est pas réglé.»

Rappelons que le drame s’est produit le 24 décembre alors que la mère de 83 ans de Nicolas Faubert tentait de se stationner dans l’entrée d’une résidence de la rue Jordi-Bonet.M. Faubert était impliqué dans le développement du Carrefour Laurier-Rouville et du Groupe Uni Santé, une clinique de médecine alternative à Mont-Saint-Hilaire.

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