4 novembre 2020 - 14:16
Des ratios infirmières/patients dangereux dans la région
Par: Sarah-Eve Charland

La FIQ a organisé plusieurs moyens de pression. Photo gracieuseté/FIQ

Brigitte Petrie, présidente de la FIQ Montérégie-Est. Photo gracieuseté

Des ratios entre patients et infirmières en centres d’hébergement de la région sont considérés comme dangereux, selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). Le syndicat, en négociation de sa convention collective avec le gouvernement du Québec, a dévoilé le palmarès des pires ratios le 21 octobre.

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Le centre d’hébergement Marguerite-Adam à Belœil a trouvé une place parmi les pires ratios patients/infirmières répertoriés par la FIQ. Durant un quart de travail de nuit, 70 patients se sont déjà retrouvés sans infirmière ni infirmière auxiliaire en soins directs. Une assistante-infirmière-chef était présente dans l’établissement.

Parmi les établissements privés conventionnés, le centre d’hébergement Champlain des Pommetiers à Belœil figure dans le palmarès. Durant un quart de travail de nuit, 140 patients ont été soignés par une seule infirmière et une seule infirmière auxiliaire en soins directs aux patients. Ces dernières n’étaient pas soutenues par une assistante-infirmière-chef.
La convention collective des infirmières et infirmières auxiliaires est échue depuis le 31 mars 2020. La FIQ a fait plusieurs sorties publiques au cours des dernières semaines pour sensibiliser le gouvernement à leurs demandes. Le 21 octobre, le syndicat a dévoilé ce palmarès en soutien à ses demandes.

Rehausser les postes

Pour la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, Louise Potvin, la transformation de postes à temps partiel à temps complet est la meilleure stratégie pour réduire cette problématique.

« Certains centres d’hébergement avaient un peu plus de retard en termes d’effectifs en place par rapport à d’autres. Nous avons reçu des sommes importantes que nous avons investies. On est en progression. On est en amélioration. Pour nous, l’ajout continu de ressources et le rehaussement des temps partiels à des temps complets constituent de loin la meilleure stratégie », assure-t-elle.

Loin de suffire

La présidente de la FIQ Montérégie-Est, Brigitte Petrie, ajoute toutefois que le rehaussement de postes ne s’est pas concrétisé aussi facilement. « Il a fallu se battre pour avoir ces 266 postes. Même si on a montré les ratios problématiques, on s’obstinait pour des miettes. »

Le CISSS a rehaussé 266 postes d’infirmières et d’infirmières auxiliaires en centre d’hébergement, en mission jeunesse et à l’Hôtel-Dieu de Sorel, ce qui équivaudrait à environ 450 quarts de travail supplémentaires. Ces rehaussements sont loin de suffire, affirme Mme Petrie.

« Si on convertit les budgets de temps supplémentaires en temps complets, on en aurait des postes. On a besoin de rehaussement partout. En santé, c’est l’un des seuls secteurs où tu peux juste travailler deux jours. Pourquoi les gens choisissent-ils de travailler deux jours? Parce que la charge de travail est trop importante et ils craignent le temps supplémentaire obligatoire. Le CISSS doit donner des conditions de travail qui favorisent le temps complet », ajoute la présidente de la FIQ Montérégie-Est.

Miser sur les préposées aux bénéficiaires

Avant la mise en place de la stratégie du gouvernement pour former des préposées aux bénéficiaires, le CISSS de la Montérégie-Est affirme avoir développé des collaborations avec des centres de formation professionnelle de Saint-Hyacinthe et de Sorel-Tracy afin de recruter des préposées aux bénéficiaires.

« Je peux vous dire qu’avec la formation d’une grande cohorte de préposées aux bénéficiaires, on vient de changer le portrait de plusieurs centres d’hébergement du CISSS. Ils se sont vu ajouter des préposées aux bénéficiaires, qui sont surnuméraires aux équipes requises. Bien sûr, elles ne sont pas dans le syndicat de la FIQ. Ce sont quand même des forces vives importantes dans les équipes de travail », poursuit Mme Potvin.

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